À l’heure des inondations et intempéries : pourquoi le Conseil supérieur de l’eau et du climat a été «enterré»?

Des inondations à Tanger et Tétouan.(S.Kadry/Le360)

Revue de presseCréé en 1980, le Conseil supérieur de l’eau et du climat (CSEC), placé sous la présidence du Chef du gouvernement, était considéré comme une instance étatique stratégique. Sa mission consiste à orienter, à travers des avis et des études, les politiques nationales en matière de gestion de l’eau et de risques et dangers climatiques. Or, la dernière session tenue par le CSEC remonte à 2001. À l’heure des intempéries au Maroc, le «gel» de cette instance ne peut que poser des questions. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 19/02/2026 à 21h31

Sans la moindre annonce officielle, il semble que l’instance, légalement créée à l’aube des années 80 sous le nom de Conseil supérieur de l’eau et du climat (CSEC), ait été purement et simplement enterrée. Cette «disparition» a soulevé une polémique ces derniers temps au sein de certains milieux institutionnels chargés de la gestion de l’eau, de l’énergie hydroélectrique et de l’irrigation, ainsi qu’au sein des partis politiques et parlementaires qui se demandent où est passé le CSEC.

Dans son édition du vendredi 20 février, le quotidien Assabah soutient que «cette polémique est d’autant plus légitime qu’elle intervient à l’heure des intempéries et inondations que vient de connaître le Maroc après un long cycle de stress hydrique». Pire, le CSEC est aux abonnés absents dans un contexte de changements climatiques profonds à l’échelle planétaire, au cœur desquels le Maroc est un acteur de premier ordre, comme l’atteste l’organisation de la COP 22 à Marrakech en 2016. Pour Assabah, «le gel du CSEC relève d’un laxisme au niveau de la politique publique en matière d’eau, avec la perte de centaines d’avis et d’études présentés aux souverains, chefs d’État et de gouvernement, experts et hommes d’influence lors de congrès internationaux tenus au Maroc».

Le journal ajoute que tous les Chefs de gouvernement et leurs conseillers, les dizaines de ministres et hauts responsables qui se sont succédé à la tête des organismes chargés de la gestion de l’eau n’ont organisé que neuf sessions du CSEC, dont la dernière remonte à 2001. Et ce, au moment où le CSEC a vu ses attributions élargies, en 1995, au phénomène des changements climatiques, alors que son rôle était confiné jusqu’ici à la problématique du stress hydrique. Pas plus loin que 2015, le CSEC a été chargé de mener des études et de présenter des avis relatifs aux orientations générales des politiques publiques. Il a été également appelé à mettre sur pied une stratégie nationale de suivi des changements climatiques en vue d’anticiper les dangers liés aux inondations et catastrophes liées au climat.

Le CSEC est donc devenu une institution consultative sur tout ce qui a trait à l’eau, à l’irrigation, à l’énergie hydroélectrique, aux risques d’inondations… Il comprend plusieurs ministres et hauts responsables des instances de gestion de l’eau, dont les différents directeurs des Agences des bassins hydrauliques, le patron des Eaux et Forêts, de l’Office de l’eau potable… Assabah, qui dénombre des dizaines d’administrations membres du CSEC, estime que «c’est la prolifération des intervenants au sein de cette instance stratégique qui a fini par la rendre inopérante, suite à un décret élargissant davantage sa composition et signé par le Chef du gouvernement en 2019».

Par La Rédaction
Le 19/02/2026 à 21h31