Chine: exécution de 11 membres de gangs impliqués dans des centres d’arnaques en Birmanie

She Zhijiang, 43 ans, un baron de jeux chinois arrêté par la police thaïlandaise en août 2022 en vertu d'un mandat d'arrêt international et d'une notice rouge d'Interpol émise par Pékin

La Chine a exécuté jeudi 11 personnes liées à la criminalité organisée en Birmanie, dont des «membres clés» impliqués dans des centres d’arnaques en ligne, a rapporté l’agence de presse Chine Nouvelle.

Le 29/01/2026 à 07h58

«Les exécutions ont été menées par un tribunal de la ville de Wenzhou, dans la province du Zhejiang, dans l’est de la Chine, après l’approbation de la Cour populaire suprême», a indiqué l’agence d’Etat.

Les accusés avaient été condamnés en septembre par le même tribunal pour «homicide volontaire», «blessures volontaires», «fraude», ou encore «création de casinos».

La Cour populaire suprême chinoise avait par la suite entériné la décision, les preuves produites concernant ces crimes commis depuis 2015 étant déclarées «concluantes et suffisantes», toujours selon Chine nouvelle.

Parmi les personnes exécutées figurent des membres du «groupe criminel de la famille Ming», dont les activités ont contribué à la mort de 14 citoyens chinois et blessé «de nombreuses autres personnes».

Cinq autres ont été condamnés à la peine de mort avec un sursis de deux ans. Ving-trois autres personnes ont été condamnées à des peines allant de cinq ans à la prison à perpétuité.

En novembre, un tribunal de Shenzhen (sud) avait prononcé sept condamnations à mort contre les membres d’un gang à la tête de dizaines de centres d’arnaque en ligne.

Deux des sept condamnations à la peine capitale ont été assorties d’un sursis de deux ans. Ce verdict se traduit communément par un emprisonnement à vie.

Pressions de la Chine

Le même mois, un tribunal thaïlandais avait ordonné l’extradition de l’homme d’affaires sino-cambodgien, She Zhijiang, placé en détention à Bangkok en 2022, après avoir passé plus d’une décennie à fuir les autorités chinoises qui le recherchaient.

Selon une notice rouge d’Interpol publiée en mai 2021 et obtenue par l’AFP, M. She était recherché en Chine pour des faits liés à des opérations de jeux d’argent en ligne et de fraude dans la ville birmane de Shwe Kokko (sud-est), à la frontière avec la Thaïlande.

En Birmanie, des complexes tentaculaires, où des escrocs en ligne ciblent des étrangers avec des arnaques sentimentales et commerciales, ont prospéré le long de la frontière poreuse avec la Thaïlande depuis le début de la guerre civile, déclenchée par un coup d’Etat de l’armée en 2021.

L’AFP a publié une enquête mi-octobre sur ces usines à arnaque en ligne, qui prospèrent en Birmanie près de la frontière avec la Thaïlande.

Dans la semaine suivant cette publication, la junte birmane a mené une descente sur un centre où se trouvaient plus de 2.000 employés, dont 1.500 ont fui vers la Thaïlande.

La plupart des sites sont sous la coupe de groupes criminels chinois, en cheville avec des milices birmanes. Ils emploient principalement des compatriotes pour piéger des internautes via des arnaques sentimentales et commerciales rapportant des dizaines de milliards de dollars chaque année.

Selon les experts, la junte ferme les yeux sur ces réseaux aux mains de ses alliés miliciens, qui, en échange, contrôlent les régions frontalières en son nom.

Mais le pouvoir subit des pressions de la Chine, irritée par le nombre de ses citoyens qui participent à ces activités ou en sont la cible.

Par Le360 (avec AFP)
Le 29/01/2026 à 07h58