Le Maroc, nouvel eldorado des jeux vidéo en Afrique

Rabat Gaming City, la Silicon Valley du jeu vidéo.

Revue de presseAvec des revenus annuels qui dépassent 227 millions de dollars en 2024 et une base de joueurs en pleine expansion, le marché marocain du gaming s’impose comme l’un des plus dynamiques du continent. Portée par la jeunesse, l’essor des smartphones et le soutien institutionnel, cette industrie connaît une véritable transformation, entre segments mobile, consoles et initiatives locales pour stimuler la création et l’innovation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 16/02/2026 à 21h36

Le marché des jeux vidéo au Maroc connaît une expansion rapide, portée par des tendances démographiques et technologiques favorables. Selon le rapport «State of the industry: African video game report 2026», publié par SpielFabrique, une structure franco-allemande dédiée au soutien des studios indépendants, les revenus annuels générés par ce secteur devraient atteindre 227,3 millions de dollars en 2024, soit plus de 2,07 milliards de dirhams. «Cette dynamique devrait se poursuivre avec une projection à 297 millions de dollars d’ici 2027, traduisant une croissance de plus de 30% en seulement trois ans», rapporte le quotidien L’Economiste dans son édition du mardi 17 février.

Cette progression est en grande partie expliquée par la jeunesse de la population marocaine, l’essor de l’utilisation des smartphones et l’amélioration de l’accès aux services numériques. Le segment mobile domine largement le marché, avec une base de joueurs toujours plus connectée. Les consoles connaissent également un regain d’intérêt, notamment grâce à la popularité croissante de PlayStation et Xbox, tandis que le jeu sur PC se développe de manière plus graduelle. En 2024, près de 7 millions de Marocains sont recensés comme joueurs, représentant environ 19,5% de la population, un chiffre qui devrait atteindre 8,4 millions d’ici 2027.

En termes de préférences, les jeux de type Battle Royale tels que PUBG rencontrent un franc succès, relève L’Economiste. Développé par PUBG Studios, filiale de Krafton, ce jeu consiste à être le dernier survivant sur une île parmi cent participants, tout en récoltant des armes et des équipements et en évitant une zone de jeu qui se rétrécit. Les jeux de simulation sportive connaissent également un engouement marqué, notamment EA Sports FC, qui a remplacé la licence FIFA depuis 2023. Sur mobile, des titres mondiaux comme Candy Crush et Royal Match séduisent également un large public marocain, reflétant la tendance globale vers des jeux accessibles et rapides à prendre en main.

Au niveau africain, le Maroc se positionne comme l’un des marchés majeurs du continent, occupant la quatrième place derrière l’Égypte (368 millions de dollars de revenus annuels), le Nigeria (300 millions) et l’Afrique du Sud (278 millions), lit-on. Le Kenya, avec 46 millions de dollars, ferme le top 5 des marchés les plus dynamiques. Le marché africain du jeu vidéo a généré environ 2,29 milliards de dollars de revenus en 2025, contre 1,8 milliard en 2024, avec une domination écrasante du segment mobile. La croissance annuelle du secteur sur le continent atteint 12,32%, un chiffre supérieur à la moyenne mondiale de 7,5%, ce qui illustre le potentiel considérable de cette industrie.

Au Maroc, le jeu vidéo n’est plus simplement perçu comme un loisir, mais comme une filière industrielle stratégique. Le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication a fait du développement de ce secteur une priorité nationale, multipliant les initiatives pour renforcer l’écosystème local. Le salon Gaming Expo, ainsi que la création de Rabat Gaming City, incarnent cette volonté de positionner le pays comme un hub régional pour le développement de jeux vidéo. Des programmes de formation ciblés ont été mis en place pour améliorer les compétences des développeurs marocains selon des standards internationaux, encourageant les jeunes à passer du rôle de consommateurs à celui de producteurs.

La stratégie nationale repose sur plusieurs piliers. Elle vise d’abord à développer des infrastructures technologiques et des espaces dédiés à l’accueil des studios, avec l’ambition de créer de nouvelles zones spécialisées dans d’autres villes. La formation occupe une place centrale afin de renforcer les capacités locales dans tous les métiers du secteur. En parallèle, des dispositifs d’accompagnement pour les startups, tels que «Video Game Incubator», et des mesures incitatives pour les investisseurs, à travers l’initiative «Offre Maroc», sont déployés pour stimuler la croissance et l’attractivité de l’industrie du gaming au Maroc, écrit L’Economiste.

En résumé, le marché des jeux vidéo marocain connaît une véritable mutation, alliant innovation technologique, jeunesse et ambition économique. Entre expansion des segments mobile et console, popularité des titres internationaux et soutien institutionnel, le pays semble bien parti pour s’imposer comme un acteur majeur de l’industrie vidéoludique en Afrique du Nord et au-delà.

Par La Rédaction
Le 16/02/2026 à 21h36