L’Office des Changes a dévoilé la version 2026 de son Instruction Générale des Opérations de Change (IGOC), marquant une étape majeure dans la mise en œuvre de sa vision stratégique pour la période 2025-2029. «Entrée en vigueur le 1er janvier 2026, cette nouvelle instruction vise avant tout à rendre la réglementation des changes plus claire et plus accessible, tant pour les professionnels que pour les particuliers, en réorganisant les dispositions selon la nature des opérations et le profil des usagers», précise l’Office, cité par le magazine Challenge. L’objectif affiché est de simplifier la compréhension et l’application du cadre légal afin de faciliter les activités économiques et les transactions internationales, tout en soutenant l’attractivité du pays pour les investisseurs.
Fruit d’une élaboration participative, associant associations professionnelles, institutions et opérateurs économiques, l’IGOC 2026 introduit plusieurs mesures concrètes destinées à renforcer les échanges avec l’étranger et à stimuler l’investissement, en particulier dans le secteur des start-up innovantes. «Ainsi, les jeunes entreprises technologiques labellisées par l’Agence de Développement du Digital (ADD) pourront désormais investir à l’étranger jusqu’à 10 millions de dirhams par an, sans avoir à justifier d’une ancienneté minimale de trois ans ni de la certification de leurs comptes par un commissaire aux comptes», explique Challenge. Cette mesure vise à lever les principaux obstacles qui freinent l’expansion internationale des start-up marocaines et à encourager l’innovation dans le pays.
L’IGOC 2026 élargit également les opportunités pour les résidents en leur permettant de prendre des engagements de garantie d’actif et de passif au profit d’investisseurs non-résidents lors des opérations de cession d’actions ou de parts sociales. De plus, elle ouvre la possibilité pour les étrangers résidents de transférer les revenus générés par leurs investissements, même sans justificatifs de financement en devises, dans la limite de 2 millions de dirhams par année civile pour les investissements de plus de dix ans, favorisant ainsi la circulation des capitaux et la confiance des investisseurs internationaux.
Dans le domaine du commerce extérieur, la nouvelle instruction met l’accent sur le soutien aux exportations et l’amélioration du régime des importations de services. Les titulaires de marchés à l’étranger peuvent désormais alimenter leurs comptes en devises ou en dirhams convertibles à hauteur de 15% du montant total rapatrié, ce qui constitue un encouragement pour les entreprises exportatrices de services. L’IGOC 2026 facilite également le règlement des importations de biens via les factors et sociétés de recouvrement par subrogation de créances commerciales, tout en clarifiant et en élargissant la liste des entités autorisées à effectuer des opérations d’importation de services, simplifiant ainsi la circulation des flux financiers liés aux transactions internationales.
Le texte revoit aussi les dotations pour voyages d’affaires, en relevant le plafond pour les entités ne disposant pas de comptes en devises ou en dirhams convertibles à un million de dirhams, contre 500 000 auparavant. Pour les opérateurs catégorisés, le plafond passe à 1,5 million de dirhams. Dans le secteur du commerce électronique, les start-up labellisées par l’ADD bénéficieront désormais d’une dotation annuelle maximale de 2 millions de dirhams, et une dotation minimale de 50 000 dirhams par an est instaurée pour les sociétés marocaines sans comptes en devises ou en dirhams convertibles, incluant les nouvelles entreprises ou celles exonérées d’impôt.
«Pour les personnes physiques, y compris les Marocains résidant à l’étranger, le plafond autorisé pour certaines opérations est porté à 20 000 dirhams, contre 15 000 auparavant », précise Challenge. L’IGOC 2026 renforce par ailleurs les instruments de couverture, permettant la compensation des positions sur les opérations liées au risque de change, aux taux d’intérêt ou aux risques attachés à tout actif. Les besoins liés aux voyages personnels sont également mieux pris en compte, avec un plafond global fixé à 500 000 dirhams par année civile, dont 100 000 de dotation de base et 400 000 supplémentaires calculés sur 30% de l’impôt payé. Le plafond des frais de séjour pour études à l’étranger passe de 12 000 à 15 000 dirhams par mois, et les étrangers résidents bénéficient désormais du même régime que les Marocains pour les voyages personnels et les soins médicaux.
Enfin, l’Instruction 2026 introduit un assouplissement significatif pour les crédits immobiliers en dirhams destinés aux Marocains résidant à l’étranger. Toute acquisition de biens au Maroc peut désormais être financée sans limitation du nombre de biens, et le montant du crédit bancaire peut atteindre 80% de la valeur du bien, contre 70% auparavant. Ces ajustements témoignent d’une volonté de l’Office des Changes de moderniser le cadre réglementaire, de soutenir l’expansion des entreprises et de renforcer l’attractivité du Maroc pour les investissements locaux et internationaux, tout en simplifiant les démarches pour les citoyens et les résidents.







