La Bourse de Casablanca portée par ses champions malgré les turbulences internationales

Siège de la Bourse de Casablanca.

Siège de la Bourse de Casablanca. . Saad Zouhri

Revue de pressePortées par des résultats record, plusieurs grandes entreprises marocaines confirment la solidité de leurs fondamentaux et leur dynamique de croissance. L’entrée de Managem et de TGCC dans le cercle des sociétés dépassant le milliard d’euros de chiffre d’affaires illustre la vitalité de la Bourse de Casablanca, même si les tensions géopolitiques récentes rappellent la sensibilité des marchés financiers aux incertitudes internationales. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 08/03/2026 à 20h43

À la Bourse de Casablanca, un nouveau cap symbolique vient d’être franchi par deux entreprises marocaines qui rejoignent désormais le cercle restreint des sociétés réalisant plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires. Le groupe minier Managem et l’entreprise de BTP TGCC ont en effet annoncé, au moment de la publication de leurs résultats annuels, avoir dépassé ce seuil pour la première fois, indique le magazine Jeune Afrique. Avec respectivement 13,7 milliards de dirhams et 12,4 milliards de dirhams de revenus, les deux sociétés se rapprochent ainsi du niveau d’acteurs majeurs de la place financière comme Attijariwafa Bank. Au-delà du montant atteint, c’est surtout la rapidité de leur progression qui attire l’attention des observateurs. Managem a enregistré une croissance spectaculaire de 55%, tandis que TGCC a vu son activité bondir de 54% en un an, confirmant la dynamique exceptionnelle de ces deux groupes.

Cette performance s’inscrit dans un contexte globalement favorable pour plusieurs grandes entreprises marocaines cotées en Bourse. Attijariwafa Bank, première capitalisation du pays, a également publié des résultats solides, avec un résultat net consolidé en hausse de 14,4% pour l’année 2025. Ces bons résultats pourraient toutefois être éclipsés à court terme par les tensions géopolitiques internationales. La guerre en Iran a provoqué une réaction immédiate sur les marchés financiers, entraînant une baisse marquée de l’indice MASI 20, qui regroupe les principales valeurs de la Bourse de Casablanca. En l’espace de quelques jours, l’indice a perdu près de 11%, tandis que certaines grandes entreprises, comme TGCC ou Attijariwafa Bank, ont enregistré des replis sensibles de leur cours.

Ces fluctuations restent néanmoins prévisibles dans un contexte international incertain, écrit Jeune Afrique. L’histoire récente de la Bourse de Casablanca montre que les crises géopolitiques provoquent souvent des réactions émotionnelles, en particulier chez les investisseurs particuliers, qui représentent environ 30% des transactions. Cependant, ces périodes de turbulences ont rarement un impact durable. Les marchés finissent généralement par se stabiliser et revenir à des niveaux cohérents avec les fondamentaux économiques des entreprises.

Certaines sociétés peuvent même tirer profit de cette instabilité. Les tensions internationales ont par exemple favorisé la hausse du prix de l’or, considéré comme une valeur refuge en période d’incertitude. Cette situation profite directement à Managem, dont les performances boursières continuent de progresser depuis le début de l’année 2026. Le titre affiche une progression notable, portée par l’intérêt accru des investisseurs pour les matières premières stratégiques. La compagnie minière Touissit enregistre même une performance encore plus impressionnante, avec une hausse particulièrement marquée de son cours.

Les banques marocaines pourraient également bénéficier de cette volatilité internationale. Les activités de marché, notamment celles liées au change, deviennent de plus en plus importantes dans leurs revenus. Les fluctuations des devises, accentuées par le contexte géopolitique, créent des opportunités supplémentaires pour ces établissements financiers. Les grandes banques marocaines, telles qu’Attijariwafa Bank, BCP ou Bank of Africa, sont par ailleurs présentes dans plusieurs pays africains exportateurs de ressources naturelles comme le pétrole ou l’or, deux produits dont la demande tend à augmenter en période de crise.

Malgré ces incertitudes, les perspectives de la Bourse de Casablanca sont bonnes, lit-on dans Jeune Afrique. Les analystes anticipent une croissance en 2026, même si celle-ci devrait être plus modérée que celle observée l’année précédente. Les investisseurs devraient privilégier les entreprises offrant une forte visibilité à long terme, une situation financière solide et une gouvernance capable de gérer les périodes de turbulence.

Le soutien de l’État marocain constitue également un facteur important pour plusieurs secteurs économiques. Les projets d’infrastructures liés à la Coupe d’Afrique des nations et à la Coupe du monde 2030 devraient soutenir durablement l’activité dans le bâtiment et les travaux publics. Par ailleurs, les programmes publics de logement, notamment celui visant à faciliter l’accès à la propriété pour la classe moyenne, garantissent un niveau d’activité élevé pour les entreprises du secteur immobilier et de la construction.

Cette dynamique est également soutenue par des stratégies d’adaptation mises en place par certaines grandes entreprises pour faire face à l’inflation ou aux fluctuations économiques. Des groupes de distribution comme Label’Vie misent par exemple sur la diversification de leurs formats de magasins et sur le développement de leur activité de vente en gros afin de répondre aux nouveaux comportements des consommateurs.

Par La Rédaction
Le 08/03/2026 à 20h43