Dessalement: 1,7 milliard de m³ d’eau à sécuriser par an d’ici 2030

La station de dessalement de l'eau de mer de Jorf Lasfar. (MAP)

Revue de presseAvec 17 stations déjà en exploitation et 11 projets programmés sur le littoral, le Royaume ambitionne de produire 1,7 milliard de mètres cubes d’eau par an grâce au dessalement. Les travaux incluent des stations géantes comme Casablanca (300 millions de m³/an) et Dakhla, ainsi que 244 unités mobiles pour renforcer l’accès à l’eau dans tout le pays. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 10/03/2026 à 20h41

Le Maroc accélère ses efforts dans le dessalement de l’eau de mer pour répondre aux besoins croissants en eau potable, soutenir l’irrigation agricole et répondre aux demandes industrielles. Selon Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, le pays vise à mobiliser 1,7 milliard de mètres cubes par an grâce à ces infrastructures d’ici 2030. «Un programme ambitieux qui se déploie principalement le long des zones côtières et qui combine planification stratégique, coordination entre acteurs publics et privés et recours à des technologies modernes», relève le quotidien L’Economiste dans son édition du mercredi 11 mars.

Onze projets sont actuellement programmés, avec des stations prévues à l’Oriental, Tanger, Rabat, Essaouira et Guelmim, dont les études sont déjà finalisées. À cela s’ajoute la future station de Souss-Massa, pour laquelle les études sont en cours. La collaboration avec l’Office Chérifien des Phosphates (OCP) permet également l’extension des stations d’El Jadida et de Safi, destinées à renforcer l’approvisionnement en eau potable et à fournir de l’eau industrielle aux besoins de l’Office. Tous ces projets sont mis en œuvre selon un processus coordonné, allant de la phase de programmation au suivi de l’exécution, avec un contrôle régulier lors des réunions de la Commission nationale de l’eau afin de résoudre les obstacles éventuels.

Actuellement, le Maroc dispose de 17 stations de dessalement en exploitation, avec une capacité de production annuelle de 350 millions de mètres cubes. Quatre autres projets, dont les stations d’El Jadida et de Safi, sont en cours de réalisation et devraient produire 567 millions de mètres cubes par an à pleine capacité. «Les travaux sur ces deux sites sont déjà partiellement opérationnels depuis 2023 et leur pleine capacité devrait être atteinte d’ici fin 2026. La station de Jorf Lasfar contribue déjà à sécuriser l’approvisionnement en eau de Casablanca Sud, Settat et Berrechid», note L’Economiste.

Dans le sud du pays, la station de Dakhla affiche un taux d’avancement d’environ 78% et sera accompagnée d’une centrale éolienne. Sa mise en service est prévue pour la mi-année. À Casablanca, la plus grande station de dessalement d’Afrique, d’une capacité totale de 300 millions de mètres cubes par an, progresse également: près de la moitié des travaux est achevée et la première tranche de 200 millions de mètres cubes devrait entrer en service à la fin de l’année. Ces deux projets majeurs s’inscrivent dans le cadre de partenariats public-privé, visant à intégrer les énergies renouvelables dans leur fonctionnement et à partager les risques financiers et opérationnels.

Le recours aux partenariats public-privé permet non seulement de réduire la charge financière de l’État, mais aussi de bénéficier de l’expertise technique et des capacités opérationnelles du secteur privé. Ce mode de financement favorise également la performance, l’innovation et la durabilité des projets tout en stimulant les investissements futurs dans ce secteur stratégique.

«Pour garantir une équité territoriale dans l’accès à l’eau, des stations mobiles de dessalement sont également déployées», L’Economiste. Actuellement, 124 unités ont été livrées et permettent de produire 771 litres par seconde à partir de l’eau de mer et des eaux souterraines saumâtres. La mise en service de 77 autres stations, capables de produire 514 litres par seconde, est déjà en cours afin de renforcer la sécurité hydrique, tandis que les dernières unités du programme devraient être opérationnelles avant la fin de l’année. Au total, le pays prévoit 244 stations mobiles, avec une capacité combinée de 1.563 litres par seconde.

Ce vaste programme illustre la volonté du Maroc de sécuriser durablement ses ressources en eau face aux défis climatiques et à la croissance de la demande, tout en mettant l’accent sur l’innovation, les énergies renouvelables et la coopération entre secteurs public et privé.

Par La Rédaction
Le 10/03/2026 à 20h41