Délais de paiement des établissements publics: des progrès réels

À fin décembre 2025, le délai moyen de paiement des Établissements et Entreprises publics s’est établi à 32,5 jours, traduisant une amélioration progressive de la discipline financière.. DR

Revue de presseLe délai moyen de paiement des Établissements et Entreprises publics s’est établi à 32,5 jours à fin décembre 2025, confirmant l’amélioration progressive de la discipline financière au sein du secteur public. Malgré cette évolution encourageante, des disparités sectorielles et la vulnérabilité persistante des TPME rappellent que la réduction durable des délais de règlement reste un enjeu stratégique pour la stabilité du tissu économique et l’amélioration du climat des affaires. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 12/02/2026 à 19h55

Le délai moyen de paiement déclaré par l’ensemble des Établissements et Entreprises publics (EEP) s’est établi à 32,5 jours au titre du mois de décembre 2025. Cette donnée, publiée le 11 février 2026 par le ministère de l’Économie et des Finances, s’inscrit dans le cadre du suivi trimestriel assuré par l’Observatoire des délais de paiement. «Elle illustre les avancées enregistrées ces dernières années en matière de discipline financière, tout en mettant en lumière les défis qui subsistent pour consolider durablement ces acquis», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du vendredi 13 février. La réduction des délais de règlement apparaît désormais comme un facteur déterminant pour renforcer la confiance entre partenaires économiques et améliorer l’environnement des affaires.

Cette dynamique de modernisation de la gouvernance financière vise en particulier à assainir les relations entre donneurs d’ordre publics et fournisseurs. Elle constitue également un levier essentiel pour préserver la trésorerie des très petites, petites et moyennes entreprises, souvent les premières affectées par les retards de paiement tout au long de la chaîne de valeur. La régularité des règlements est aujourd’hui perçue comme un indicateur clé de la performance financière et organisationnelle des entités publiques.

«Les statistiques récentes confirment une tendance globalement favorable. Selon le rapport annuel de l’Observatoire des délais de paiement pour l’année 2025, le délai moyen est passé de 55,9 jours en décembre 2018 à 31,7 jours à fin décembre 2024, traduisant une amélioration de 43%», relève L’Economiste. En parallèle, la proportion des EEP respectant le délai réglementaire de 60 jours a connu une progression notable, atteignant 90% en 2024 contre 72% six ans auparavant. Plus significatif encore, près de 59% des établissements publics réglaient leurs fournisseurs en moins de 30 jours à la fin de l’année 2024, témoignant d’un changement progressif des pratiques de gestion.

La légère hausse observée en décembre 2025, avec un délai moyen de 32,5 jours, semble néanmoins liée à l’élargissement du périmètre d’analyse. L’intégration de 23 nouveaux EEP entre 2023 et 2024, dont certains présentent des niveaux de maturité financière moins avancés, a contribué à infléchir temporairement les performances globales. Cet élargissement permet toutefois d’offrir une vision plus représentative des pratiques à l’échelle du secteur public et d’identifier plus précisément les marges d’amélioration.

La question des délais de paiement demeure étroitement liée à la santé financière du tissu entrepreneurial. Les retards de règlement constituent en effet un facteur de fragilisation majeur pour les fournisseurs, en particulier pour les TPME, dont les capacités de trésorerie restent limitées. Les données relatives aux défaillances d’entreprises confirment cette sensibilité. Selon la dernière étude d’Inforisk, l’année 2025 a enregistré 15.307 défaillances d’entreprises, soit une baisse de 3,3% par rapport à 2024. Ces défaillances regroupent les procédures de sauvegarde, de redressement et de liquidation judiciaire. Malgré cette amélioration relative, le niveau reste nettement supérieur à celui observé en 2018, année qui avait enregistré 8.028 défaillances, en recul de 2% par rapport à l’exercice précédent. «Dans ce contexte, la maîtrise des délais de paiement s’impose comme un instrument déterminant pour soutenir la pérennité des entreprises et préserver la vitalité du tissu productif», précise L’Economiste.

L’analyse sectorielle révèle toutefois des disparités importantes. Certains secteurs affichent des progrès significatifs, à l’image de l’énergie, où le taux de conformité au délai réglementaire a progressé de neuf points pour atteindre 96%, ou encore des infrastructures, qui ont enregistré une amélioration similaire pour atteindre 86%. Le secteur de l’habitat maintient également un niveau élevé de conformité, stabilisé à 95% malgré l’élargissement du périmètre d’étude. En revanche, le secteur social, qui regroupe notamment la santé, l’éducation et la formation, connaît un recul notable. Le taux d’EEP respectant le délai réglementaire y est passé de 92 à 83%. Cette évolution traduit en grande partie les tensions financières auxquelles ces structures sont confrontées, notamment en raison des obligations de service public dont la compensation budgétaire demeure parfois insuffisante.

Parallèlement, la plateforme AJAL, dédiée au traitement des réclamations des fournisseurs, confirme son rôle croissant dans la régulation des relations commerciales avec les EEP. En 2024, 137 nouveaux fournisseurs se sont inscrits sur la plateforme, portant le total cumulé à 756 utilisateurs, soit une progression spectaculaire de 269% en un an. Durant la même période, 82 réclamations ont été déposées concernant 24 établissements publics, pour un montant global de 28,26 millions de dirhams. Les PME représentent 80% des plaignants, illustrant leur vulnérabilité particulière face aux retards de paiement. L’écart observé entre le taux de traitement des réclamations en nombre, limité à 38%, et celui en valeur, qui atteint 61 %, suggère par ailleurs une priorisation des dossiers portant sur les montants financiers les plus élevés, lit-on encore dans L’Economiste.

À moyen terme, l’objectif de généraliser des délais de paiement inférieurs à 30 jours apparaît comme un enjeu stratégique majeur. Atteindre systématiquement ce seuil constituerait un signal fort en faveur de la compétitivité économique et du renforcement de la confiance entre partenaires commerciaux. Cette ambition suppose toutefois la mise en œuvre de plusieurs leviers, notamment l’accompagnement ciblé des secteurs les plus fragilisés, la généralisation de la digitalisation des processus de paiement et l’instauration de dispositifs contractuels différenciés entre les activités à vocation commerciale et celles relevant d’obligations de service public au sein des établissements publics marchands.

La modernisation du pilotage des délais de paiement s’affirme ainsi comme un outil à forte valeur ajoutée pour soutenir le développement des TPME, promouvoir une culture de responsabilité contractuelle et consolider durablement l’attractivité du climat des affaires.

Par La Rédaction
Le 12/02/2026 à 19h55