Comment les femmes dirigeantes transforment l’économie du Royaume

Les femmes s’imposent progressivement aux postes décisionnels clés.

Revue de presseAlors que la réglementation marocaine impose désormais des quotas de parité au sein des conseils d’administration, les femmes s’imposent progressivement aux postes décisionnels clés. Portée par des figures emblématiques de la finance, de l’industrie, de la santé et du secteur bancaire, cette transition marque une étape décisive pour la gouvernance et l’attractivité économique du pays. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 13/10/2026 à 21h30

Au Maroc, le paysage de la haute gouvernance d’entreprise connaît une mutation structurelle sous l’impulsion de la loi 19-20, qui impose depuis le début de l’année 2024 un quota minimal de 30% de femmes au sein des organes de direction des sociétés anonymes faisant appel public à l’épargne. Selon les données du dernier baromètre de la gouvernance responsable, le taux de féminisation de ces instances a atteint 29% en 2025, marquant une progression notable de huit points en l’espace de deux ans. «Bien que cette dynamique, saluée par le Club des femmes administrateurs, témoigne d’une prise de conscience législative et institutionnelle, l’accès aux postes de présidence demeure très restreint, avec seulement 9% de conseils présidés par des femmes», indique le magazine Jeune Afrique dans une analyse dédiée.

Face à ce constat, comparable aux standards observés en Allemagne mais encore en deçà de ceux de la France, les instances dirigeantes s’attellent désormais à l’élaboration d’un livre blanc afin de dresser un diagnostic global s’étendant à l’ensemble du tissu économique national.

Au-delà des cadres réglementaires, la transformation du paysage financier et des investissements stratégiques est largement portée par des figures emblématiques du monde des affaires. Nezha Hayat, fondatrice en 2012 du Club des femmes administrateurs et figure influente de la finance arabe, incarne cette impulsion à la tête du Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Forte de quatre décennies d’expérience et après avoir modernisé l’Autorité marocaine du marché des capitaux en la dotant notamment de normes anticorruption rigoureuses, elle oriente aujourd’hui les priorités institutionnelles vers le développement de produits financiers innovants et l’accélération des partenariats public-privé. Son action vise à mobiliser des capitaux d’envergure en faveur des grandes infrastructures et du soutien aux petites et moyennes entreprises du royaume.

Dans le secteur stratégique de l’industrie et de la transformation numérique, Nadia Fassi Fehri illustre une approche axée sur la conduite du changement et l’impact organisationnel. Désormais conseillère du président du groupe OCP après avoir dirigé sa division Rock Solutions, elle s’est distinguée par son parcours pionnier, allant du secteur minier à la direction de l’opérateur Inwi, où elle a permis d’étendre massivement l’accès à Internet. «Au sein du géant des phosphates, son initiative visant à intégrer l’intelligence artificielle bionique dans les processus opérationnels a profondément renouvelé le modèle économique de sa division, générant une croissance spectaculaire de son chiffre d’affaires tout en maintenant un accent prononcé sur la gestion des ressources humaines et l’épanouissement des collaborateurs», souligne Jeune Afrique.

La quête de la souveraineté sanitaire et du rayonnement régional trouve quant à elle une incarnation forte en la personne de Lamia Tazi, présidente-directrice générale du laboratoire Sothema. Aux commandes de l’entreprise familiale cotée à la Bourse de Casablanca, elle a su concilier impératifs de rentabilité et exigence de santé publique, étendant la présence des produits pharmaceutiques marocains dans près de quarante pays. Actrice majeure de la réponse à la crise sanitaire à travers la production locale de vaccins, elle impulse aujourd’hui une stratégie de développement international ambitieuse destinée à faire émerger un champion industriel continental capable de réduire progressivement la dépendance de l’Afrique vis-à-vis des importations de médicaments.

Le secteur bancaire et financier marocain franchit également des étapes historiques en matière de parité dans ses plus hautes sphères de décision. Avec l’accession de Naziha Belkeziz à la présidence de la Banque centrale populaire, le sérail financier voit une femme, forte de sa solide expérience acquise au sein de grandes institutions et dans le conseil stratégique international, prendre la tête d’un groupe bancaire majeur pour la première fois de son histoire. Parallèlement, la nomination de Noufissa Kessar à la direction générale du fonds Al Mada marque un tournant pour la gestion des participations privées d’envergure. «Cette dernière pilote désormais le développement national et international d’un empire multisectoriel couvrant l’énergie, les télécoms, la finance et l’immobilier, en mettant un accent particulier sur la transition énergétique et l’innovation technologique», écrit Jeune Afrique.

L’influence du leadership féminin se manifeste par une implication continue dans les instances patronales et les réseaux globaux, comme en témoigne la trajectoire de Miriem Bensalah Chaqroun. Première femme à avoir présidé la Confédération générale des entreprises du Maroc, où elle a mené des réformes clés concernant la compétitivité et les délais de paiement, elle combine ses responsabilités opérationnelles au sein du groupe Holmarcom et des Eaux minérales d’Oulmès avec des engagements internationaux de premier plan. Présente au sein de conseils d’administration d’entreprises mondiales et d’organisations sous l’égide des Nations unies, elle illustre la capacité des dirigeantes marocaines à s’imposer comme des acteurs incontournables de la gouvernance économique, tant à l’échelle nationale que sur la scène internationale.

Par La Rédaction
Le 13/10/2026 à 21h30