Le 7 novembre dernier, le groupe Alliances Développement Immobilier (ADI) a présenté aux médias marocains un nouveau projet structurant: un partenariat avec le groupe hôtelier turc Rixos Hotels, référence internationale du «all-inclusive» haut de gamme, majoritairement détenu par le groupe français Accor. «D’un montant avoisinant 300 millions d’euros, cet investissement marque une étape importante dans l’évolution stratégique d’ADI, qui consolide ainsi sa présence dans le secteur hôtelier», note le magazine Jeune Afrique.
Déjà très actif dans la construction d’établissements hôteliers au Maroc, ADI franchit désormais un cap supplémentaire. «Le groupe est historiquement le premier constructeur d’hôtels dans le pays, avec notamment le Hyatt de Marrakech parmi les réalisations récentes. La nouveauté tient au fait que nous intervenons aujourd’hui comme investisseur hôtelier et non plus seulement comme développeur ou maître d’ouvrage délégué. Nous avons engagé un véritable virage vers l’hôtellerie», explique Omar Lazraq, vice-président et directeur général du groupe, cité par Jeune Afrique. En 2024, ADI a enregistré un bénéfice de 305 millions de dirhams pour un chiffre d’affaires de 2,3 milliards.
Cette orientation repose sur une analyse approfondie. Le groupe dispose de réserves foncières stratégiquement situées, d’une expertise reconnue dans le développement immobilier et d’un partenaire international de premier plan. « Tous les fondamentaux sont réunis pour réussir cette nouvelle phase de croissance », souligne Omar Lazraq.
«Cette dynamique intervient après une période de transformation profonde», relate Jeune Afrique. À la fin des années 2000, ADI avait engagé une diversification ambitieuse visant à intégrer l’ensemble de la chaîne immobilière, notamment à travers le rachat de l’Entreprise marocaine de travaux (EMT). Si cette stratégie s’est révélée coûteuse et a fortement pesé sur la situation financière du groupe, elle a aussi constitué un tournant décisif. Face aux difficultés, ADI a engagé une restructuration d’ampleur, assaini ses comptes et redéfini ses priorités.
Fondé en 1994 par Alami Lazraq, architecte de formation né à Fès en 1950, le groupe s’est appuyé dès l’origine sur une solide expérience acquise au sein du secteur public puis du groupe ONA, devenu Al Mada, où son fondateur avait développé les activités immobilières et touristiques. Soutenu à ses débuts par des partenaires institutionnels de premier plan, ADI a progressivement bâti un portefeuille de projets couvrant l’ensemble du territoire marocain.
Le partenariat historique noué avec Accor a joué un rôle clé dans cette trajectoire. Entre les années 1990 et 2010, de nombreux établissements des enseignes Ibis, Mercure, Novotel et Sofitel ont vu le jour grâce à cette collaboration. Plusieurs anciens dirigeants du groupe hôtelier soulignent encore aujourd’hui la fiabilité et le professionnalisme d’ADI, qui ont contribué à l’essor de l’offre hôtelière marocaine.
Au cours de la dernière décennie, la priorité a été donnée au redressement financier. La dette du groupe, qui atteignait environ 10 milliards de dirhams en 2015, a été ramenée à moins de 1,5 milliard. «Nous avons aujourd’hui une structure financière assainie, avec très peu d’endettement bancaire. C’est le résultat d’un travail rigoureux et de long terme», souligne Omar Lazraq. ADI dispose par ailleurs d’un carnet de commandes sécurisé de 4,7 milliards de dirhams.
Fort de cette stabilité retrouvée, le groupe poursuit son développement au Maroc et à l’international. En Afrique de l’Ouest et centrale, ADI est présent en Côte d’Ivoire, où un nouveau projet de tour dans le quartier d’affaires du Plateau vient d’être signé, et au Cameroun, où l’ensemble des projets a été finalisé. «Des discussions sont également en cours au Sénégal, au Ghana et au Gabon», lit-on dans Jeune Afrique.
Parallèlement à cette expansion, la question de la gouvernance et de la transmission est progressivement intégrée à la stratégie du groupe. Alami Lazraq demeure très impliqué dans la vision et les orientations majeures, tout en préparant l’avenir. Le conseil d’administration s’appuie sur des personnalités reconnues issues des secteurs public et privé, marocains et internationaux, apportant expertise et recul stratégique.
Au sein de la famille fondatrice, Omar Lazraq apparaît aujourd’hui comme un acteur central de cette nouvelle phase, lit-on encore. Formé à la finance à Londres et passé par le conseil en stratégie, il a accompagné le groupe au cours des années de redressement comme dans sa phase actuelle de croissance. «J’ai été présent dans toutes les étapes importantes de ces dix dernières années. Cette continuité est un atout pour assurer la pérennité et le développement du groupe», souligne-t-il.
Avec ce nouveau partenariat hôtelier et une structure financière consolidée, Alliances Développement Immobilier entend ainsi s’inscrire durablement parmi les acteurs de référence du développement immobilier et touristique au Maroc et sur le continent africain.







