Un pétrolier russe échoué au détroit de Gibraltar: le Maroc intervient pour éviter une catastrophe écologique

Un pétrolier.

Revue de pressePendant plusieurs jours, le détroit de Gibraltar a été menacé par le pétrolier russe Chariot Tide, immobilisé par un problème technique et des conditions météorologiques difficiles. Grâce à une opération coordonnée entre les autorités marocaines et espagnoles, le navire a été remorqué, écartant ainsi le risque d’une pollution majeure dans l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 25/01/2026 à 19h32

Un incident environnemental majeur a récemment menacé le détroit de Gibraltar, lorsqu’un pétrolier russe a échoué en raison de conditions météorologiques difficiles. La situation a mis en alerte les autorités marocaines, conscientes que toute fuite de pétrole aurait pu provoquer une catastrophe écologique dans la région. «Le navire, appartenant à un secteur de la flotte russe, représentait un risque réel pour la sécurité maritime et l’environnement», indique le quotidien Al Ahdath Al Maghribia dans son édition du lundi 26 janvier.

Pendant plusieurs jours, le Maroc a dû gérer cette crise délicate. Grâce à une opération complexe, le pétrolier a finalement été éloigné de la zone dangereuse. La manœuvre, qui s’est déroulée du samedi soir au dimanche matin, a permis de remorquer le Chariot Tide, un navire appartenant à une flotte russe, hors du détroit. La cargaison, constituée de produits pétroliers raffinés russes, était en situation d’urgence, et le navire avait été immobilisé pendant trois jours en raison d’un problème technique aggravé par le mauvais temps.

«Après avoir quitté sa position critique, le Chariot Tide se dirige désormais vers la mer d’Alboran, à plusieurs milles à l’est du détroit, et se trouve en dehors de la zone de séparation du trafic maritime (TSS), l’un des axes les plus fréquentés du détroit de Gibraltar», lit-on dans Al Ahdath Al Maghribia. Cette intervention s’inscrit dans le cadre des efforts marocains visant à garantir la sécurité de la navigation et à protéger l’environnement maritime. Le navire était immobilisé pendant plus de vingt-sept heures, incapable de manœuvrer, ce qui a nécessité l’intervention de quatre remorqueurs marocains. Parallèlement, l’Espagne a mis en état d’alerte son navire de sauvetage spécialisé dans les interventions d’urgence et la lutte contre la pollution maritime.

Selon les données des systèmes de suivi maritime (AIS), le navire est passé d’une position d’arrêt complet à un déplacement lent, amorçant ainsi son remorquage à travers le détroit de Gibraltar. La zone de séparation du trafic maritime, mise en place par l’Organisation maritime internationale (OMI), vise à organiser le passage des navires dans les couloirs les plus fréquentés et à imposer l’envoi d’avertissements dans ces zones à forte densité de trafic. Ce système, révisé en 2007 conjointement par le Maroc et l’Espagne, comprend deux zones de précaution: l’une devant le port de Tanger Med et l’autre entre Algésiras et Sebta. Les navires sont ainsi invités à redoubler de vigilance.

«Le Chariot Tide se trouvait très proche de la première zone, devant le port de Tanger Med, lorsque l’opération de remorquage a été lancée tôt dimanche matin», précise Al Ahdath Al Maghribia. L’intervention a mobilisé quatre navires marocains, en coordination avec le navire espagnol de sauvetage Luz de Mar, spécialisé dans le remorquage d’urgence et la lutte contre la pollution.

Mesurant 195 mètres de long et d’une capacité de 52 648 tonnes, le pétrolier, construit en 2007 et battant pavillon mozambicain, transporte plus de 425 000 barils de produits raffinés russes. Le navire provient du port d’Oust-Louga, en Russie, son dernier port d’escale enregistré trente et un jours avant l’incident. Le Chariot Tide fait partie d’un ensemble de navires surnommé «la flotte fantôme russe», composée principalement de pétroliers anciens aux propriétaires souvent anonymes. «Utilisée pour exporter du pétrole et des produits raffinés malgré les sanctions internationales liées à l’invasion de l’Ukraine, cette flotte opère généralement en dehors des voies maritimes commerciales habituelles, compliquant le suivi de ses origines et de ses destinations», écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Par La Rédaction
Le 25/01/2026 à 19h32