Un notaire alerte sur les circuits d’un réseau de blanchiment d’argent

Des Marocains fortunés achètent des biens immobiliers en Espagne via des circuits liés au trafic de drogue, puis réinjectent au Maroc les fonds perçus en espèces à travers des transactions immobilières. (Photo d'illustration)

Revue de presseDe richissimes Marocains financent l’acquisition de biens immobiliers en Espagne par des circuits de trafiquants de drogue. Les sommes reçues en noir sur l’autre rive sont restituées au Maroc par les mêmes manœuvres de transactions immobilières. C’est à ce niveau que des notaires auraient alerté les autorités compétentes. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 16/02/2026 à 21h24

Les autorités compétentes espagnoles de contrôle financier viennent d’ouvrir une enquête sur une affaire de blanchiment d’argent impliquant des entrepreneurs marocains disposant de la nationalité espagnole.

«Ces entrepreneurs ont acquis des biens immobiliers dans la péninsule ibérique, où ils investissent dans le domaine touristique», rapporte le quotidien Assabah dans son édition du mardi 17 février.

D’après les sources du quotidien, les autorités compétentes espagnoles auraient reçu, dans le cadre de cette enquête, des données de la part de l’Autorité nationale du renseignement financier (ANRF), qui a été alertée par des notaires marocains.

Ces derniers, expliquent les mêmes sources, auraient saisi l’ANRF au sujet des soupçons entourant des transactions immobilières réalisées au Maroc. Les investigations menées par les autorités compétentes espagnoles ont permis d’identifier que les transferts d’argent ont été effectués par des personnes ayant des liens avec des réseaux de trafic international de drogue.

Ces données, poursuit le quotidien, ont été communiquées par les autorités compétentes espagnoles à leurs homologues marocaines, en plus des liens qu’auraient les entrepreneurs mis en cause en Espagne avec certaines parties au Maroc. Sur la base de ces données, indiquent les mêmes sources, les services de l’Autorité nationale du renseignement financier ont pu suivre les traces des transferts d’argent effectués depuis l’Espagne vers le Maroc et les secteurs où ces sommes d’argent ont été investies.

D’ailleurs, poursuit Assabah, «un notaire avait déjà alerté l’ANRF sur des cas de personnes ayant acquis des biens immobiliers à plus d’un million de dirhams au profit d’autres personnes n’ayant aucun lien familial avec elles».

Dans ce sillage, les investigations menées par les autorités compétentes espagnoles ont permis de repérer des traces de richissimes Marocains qui recourent à l’argent des trafiquants de drogue pour acquérir des biens immobiliers en Espagne, qu’ils enregistrent au nom de proches afin d’être à l’abri des soupçons.

Ainsi, les sommes d’argent prêtées en Espagne sont remboursées au Maroc par la même manœuvre de transactions immobilières pour échapper aux contrôles des autorités compétentes.

Mais, rappelle le quotidien, c’était sans compter sur les dispositions de la loi 43-05, qui prévoit les obligations en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, concernant notamment les mesures de vigilance et de veille interne à mettre en place par les assujettis des secteurs financier et non financier, les déclarations de soupçons, les relations avec l’ANRF, le rôle des autorités de contrôle et de supervision et les sanctions applicables en cas de non-respect de ses dispositions.

Par La Rédaction
Le 16/02/2026 à 21h24