Sidi Kacem : cinq ans après un vol spectaculaire, la police élucide un crime méticuleusement orchestré

Un homme menotté. (Photo d'illustration)

Cinq années après un vol d’une audace et d’une ampleur rares survenu dans une villa de Sidi Kacem, la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) vient de mettre au jour les rouages complexes de ce méfait, mettant fin à un suspense qui avait durablement marqué la région. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 25/01/2026 à 20h28

Cinq années se sont écoulées depuis le cambriolage spectaculaire qui avait frappé une villa de Sidi Kacem, un délit qui avait profondément intrigué la ville. La Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ) annonce aujourd’hui avoir élucidé ce crime retentissant.

Les propriétaires des lieux avaient fait état d’un préjudice considérable: une somme de deux millions de dirhams et soixante mille unités en devises étrangères, ainsi qu’une précieuse collection de bijoux en or sertis de diamants, évaluée à près de 1 600 000 dirhams.

«Dès la fin du mois de mars 2021, les enquêteurs dépêchés sur place ont pu, grâce aux images d’une caméra de surveillance, établir que quatre individus encagoulés étaient à l’œuvre», rapporte Al Akhbar du lundi 26 janvier. L’enquête a ensuite pris un tournant décisif grâce aux réseaux sociaux. En effet, une vidéo publiée sur un compte TikTok affilié à Yassir Riffi montrait quatre hommes masqués, entourés d’importantes liasses de billets, durant la période du vol. Grâce à une coordination technique poussée, les policiers identifièrent l’auteur du compte, originaire de Sidi Kacem mais résidant à Chefchaouen.

Lors d’un nouvel interrogatoire, le mari exprima ses soupçons envers un ami, tenancier d’un snack, le seul informé de l’acquisition des bijoux par son épouse. Il relève une coïncidence troublante : peu après le méfait, cet ami s’était porté acquéreur d’un véhicule et d’une maison, et avait remboursé une dette en espèces, l’argent étant enveloppé de papier blanc maintenu par un élastique, à l’identique des liasses dérobées.

Malgré les dénégations fermes du suspect, de sa sœur, d’un bijoutier et d’un loueur de véhicules, et ce malgré des confrontations avec leurs données téléphoniques, une nouvelle piste émergea. Un indicateur orienta les policiers vers un ancien vendeur illicite d’alcool, connu de la justice. Son train de vie avait soudainement changé après le vol: construction d’une maison, achat d’un appartement à Kénitra et création d’une étable pour cinq vaches nouvellement acquises.

Les procès-verbaux de la BNPJ montrent que les membres de la bande s’étaient coordonnés avant et après le vol, préparant leur coup plusieurs mois à l’avance. «L’enquête reçut une confirmation visuelle cinglante lorsque la fille de l’ancien vendeur d’alcool publia sur Instagram une photographie où elle arborait une bague en or pur sertie d’un saphir, formellement identifiée comme appartenant à la victime», note Al Akhbar.

Sur la base de ces éléments accablants, le juge d’instruction près la Cour d’appel de Kénitra a ordonné la poursuite des accusés pour constitution de bande criminelle et vol qualifié. Ils ont été déférés devant la Chambre criminelle.

Par Hassan Benadad
Le 25/01/2026 à 20h28