Salé. "Prison Break "au nez de la police

Bouchaib Rmail, directeur de la DGSN . DR

Revue de presseKiosque360. Onze personnes, en détention préventive dans le district de police de Hay Essalam à Salé, ont réussi à quitter leurs cellules et à s'évader. Un véritable jeu d'enfant pour ces individus classés pourtant très dangereux. Explications.

Le 10/03/2015 à 06h40

Se faire la belle quand on est en détention préventive serait devenu un jeu d’enfant. Voici ce que laisse penser ce fait-divers assez inhabituel survenu dans le district de police de Hay Essalam, l’un des quartiers chauds de Salé. Comme le rapporte le quotidien Al Massa’e, dans son édition de ce mardi 10 mars, onze individus, arrêtés pour de graves délits, sont parvenus à s'évader de leur lieu de détention (ledit district de police) dimanche aux premières heures de la journée. Les hauts responsables sécuritaires de la ville, mais aussi ceux de Rabat (siège de la préfecture de la DGSN), sont arrivés sur place pour constater la situation, à leur grande stupéfaction. Car ainsi que le souligne Al Massa'e, mais aussi le quotidien Al Akhbar, les onze individus n’ont pas eu besoin de scier des barreaux ou de menacer leurs gardiens : ils ont tout simplement quitté leur geôle par une petite porte utilisée en général par les familles pour remettre repas et effets personnels aux prévenus.Sitôt fait le constat de cette « grande évasion », la chasse aux fuyards a été lancée sous la supervision des hauts gradés de la police de Rabat-Salé. Mais une autre grande surprise allait avoir lieu dans la même journée. L’un des fuyards, un mineur, est revenu se livrer à la police dans le même district. Selon Al Massa’e, il était accompagné cette fois par son père. Et, quelques heures plus tard, ce sont trois autres fuyards qui ont suivi son exemple en venant se reconstituer détenus.

L’heure des comptes

Les quatre fuyards « repentis » ont été longuement interrogés par de hauts gradés de la DGSN. L’objectif était de cerner toutes les circonstances de leur fuite, mais aussi d’avoir le cœur net sur la responsabilité des éléments de la police chargés de la sécurité des lieux. Surtout que les onze personnes ayant réussi à quitter leur geôle sont poursuivies pour de graves délits et représentaient , de ce fait , un danger si elles disparaissaient dans la nature. Al Akhbar et Al Massa’e écrivent que cette affaire est suivie de très près par la hiérarchie de la DGSN et que des têtes risquent de tomber à la fin de l’enquête supervisée par Bouchaib Rmail, patron de la police, lui - même.

Par Abdeladim Lyoussi
Le 10/03/2015 à 06h40