Réouverture des cafés et restaurants ce ramadan: le pire, est-il derrière nous?

Le retour des sorties nocturnes aura un impact positif sur le moral des consommateurs, mais en termes de profits, le mois de ramadan correspond depuis toujours à une saison basse dans l’année pour les cafetiers et restaurateurs.  . Le360 (photomontage)

Après deux années de pandémie, cafés et restaurants rouvrent leurs portes pour accueillir amis et familles pendant l’heure du ftour, et bien au-delà. Une nouvelle qui en réjouit plus d'un, dont les gérants et propriétaires de ces établissements et aussi les clients. Assez pour amortir deux ans de disette? Les images.

Le 10/04/2022 à 10h11

Les cafés et restaurants ont enfin ouvert leurs portes aux consommateurs, privés de sorties nocturnes pendant les deux précédents mois de ramadan. Le succès de la campagne de vaccination et la nette amélioration de la situation épidémiologique sont principalement les deux raisons à cette mesure d'assouplissement.

Une nouvelle réjouissante, surtout pour les propriétaires de cafés et restaurants, qui se disent les plus heureux de cette décision. En effet, l’ouverture tant attendue de ces établissements pendant le mois sacré du ramadan, notamment à l’heure du ftour et après, pourrait contribuer à estomper les difficultées recontrées par l'activité de la restauration, très impactée par la crise sanitaire.

Contacté par Le360, Noureddine El Harrak, président de l’Association nationale des propriétaires et gérants des cafés et restaurants, qui regroupe 30.000 établissements à travers le Royaume, explique que «la réouverture des cafés et des restaurants pendant les soirées ramadanesques, est certes une bonne nouvelle, toutefois elle ne permettra à elle seule d’augmenter les gains de ces établissements». Il précise aussi que «l’ouverture des portes pendant ce mois sacré de ramadan est une réelle bouffée d’air frais pour les clients, qui se sont enfermés chez eux durant les deux précédentes années».

En effet, le retour de ces sorties aura un impact positif sur le moral des consommateurs, mais en termes de profits, le mois de ramadan correspond depuis toujours à une saison basse dans l’année pour les cafetiers et restaurateurs. Bien que ces établissements atteignent leur capacité d'accueil maximale après l’heure du ftour, cela ne compense pas l’arrêt de l’activité pendant la journée.

«Les rendements journaliers sont réduits du tiers ou de la moitié, et ceci n’est pas avantageux pour les propriétaires. Après ces deux années de pandémie, nombreux sont ceux qui ont décidé de fermer durant le ramadan pour réaménager leurs espaces», précise ce même interlocuteur.

Une information que confirme le gérant d’un restaurant, interrogé par Le360, qui dit avoir rencontré plusieurs contraintes après la réouverture de son établissement. «Nous espérons que la réouverture va se maintenir après ces deux années de pandémie, et que tout va se renormaliser et qu’on retrouvera une production normale. Pour le moment, la situation est un peu difficile, nous rencontrons d’énormes problèmes avec le personnel, nous n’arrivons pas à avoir de sourcing (sélection des fournisseurs aux prix les plus avantageux). Nous espérons rétablir nos chiffres d’affaires d’il y a deux ans maintenant», témoigne-t-il.

Toutefois, pour le plus grand bonheur des férus de sorties nocturnes, d'autres propriétaires de cafés et de restaurants ont fait la promotion de leurs formules spéciales «ftour» sur les réseaux sociaux et autres plateformes digitales.

«Actuellement, plusieurs restaurateurs ont choisi le digital, notamment les réseaux sociaux pour toucher le plus grand nombre de personnes. Ils proposent des formules attractives, qui leur permettront d’attirer un maximum de clients, afin d'augmenter leurs recettes journalières», indique Noureddine El Harrak.

«Même s’ils peuvent être perdants, ces propriétaires sont obligés de réduire les prix affichés, du fait des autres dépenses qu’ils supportent. Certains ont vu leurs dettes s’accumuler depuis le premier confinement, d’autres sont menacés par une saisie, leur seul moyen est de baisser leurs tarifs», conclut le président de l’association nationale des propriétaires et gérants des cafés et restaurants. 

Par Yousra Adli et Khadija Sebbar
Le 10/04/2022 à 10h11