Mitoyenne de la capitale, Témara, cette ville de contrastes où vivent 500.000 habitants

Témara, une ville de constrastes. . khalil Essalak / Le360

Le 01/01/2022 à 13h01

VidéoSituée à 15 km au sud de Rabat, Témara est une ville-champignon où se côtoient, en très mauvaise harmonie, la misère effroyable et les grosses richesses. Une rapide visite de la ville suffit à révéler ces contradictions.

Le nouveau conseil communale que préside Zouhair Zemzami (RNI), un ancien président du PPS du conseil préfectoral sortant et un proche d’un grand groupe d’affaires, a du pain sur la planche, eu égard aux nombreux problèmes qu’affronte la population de Témara estimée à un demi-million de personnes.

La ville souffre d’abord de problèmes liés à l’habitat insalubre, à l’insuffisance des infrastructures de base et au secteur informel. Le chômage est un problème endémique hérité de l’ère du PJD quand celui-ci a dirigé pendant dix ans la mairie de Témara.

«La ville que dirige Zouhair Zemzami abrite le bidonville dit Jamaique, considéré comme l’une des plus grandes concentrations de baraques et de pauvres dans le monde», a expliqué Slimane, résumant la pensée des habitants de ce bidonville. «Ce bidonville de la honte existe depuis 80 ans et les élus disparaissent à chaque fois qu’ils donnent des promesses», ont estimé deux autres habitants de cette favela à la marocaine.

Régler le problème de ce bidonville, qui géographiquement est situé en plein centre de la ville, «demeure un grand défi à surmonter», pour l’actuel bureau de la commune de Témara.

Si l’existence d’une zone industrielle a réussi à absorber une partie, infime, du chômage dans cette ville, le secteur de l’informel ne cesse de s’aggraver. L’occupation du domaine public par les ambulants reste aussi un grave problème.

Mais à Témara, il n’y pas que du noir. La ville a réussi à rénover et à élargir ses artères et à développer ses infrastructures de base. L’éclairage public a été généralisé à des zones reculées et les problèmes d’assainissement ne sont plus qu’une triste ancienne page de la ville. Ainsi, des immeubles modernes et de belles villas ont vu le jour dans de nombreux quartiers, notamment celui du Wifak.

Le conseil de la ville est attendu sur une autre question et pas des moindres, celle des rues qui ont été baptisées par l’ancien conseil PJD de noms de salafistes. Va-t-il pouvoir rectifier cette anomalie?

Par Mohamed Chakir Alaoui et Khalil Essalak
Le 01/01/2022 à 13h01