Après des années de retard dans la livraison du projet de l’hôpital régional des spécialités de Tétouan, et la controverse qui a entouré l’arrêt puis la reprise accélérée des travaux à la suite de la pandémie de Covid-19, le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amine Tehraoui, a choisi de garder le silence sur son revirement concernant la décision d’ouvrir cet établissement au début du mois de janvier en cours. Des éléments concordants indiquent pourtant que de nombreuses contraintes et difficultés persistent, dont la résolution nécessiterait encore plusieurs mois, écrit le quotidien Al Akhbar dans son édition du jeudi 22 janvier.
Des responsables au sein du groupement sanitaire territorial de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma ont confirmé que l’ouverture de l’hôpital des spécialités de Tétouan n’est pas prévue dans les prochains jours. Plusieurs aspects restent à finaliser, notamment l’organisation interne, la mobilisation de ressources humaines suffisantes, ainsi que la définition des modalités adéquates pour l’affectation des cadres médicaux, infirmiers et administratifs. À cela s’ajoutent les marchés liés à la gestion quotidienne de l’établissement, à la sécurité privée, à la propreté et à d’autres services indispensables à son bon fonctionnement.
Cet hôpital est pourtant très attendu, car il est censé alléger la souffrance de nombreux patients issus des provinces de Tétouan, M’diq-Fnideq, Chefchaouen et même Ouazzane. Ces territoires souffrent d’un déficit important en médecins spécialistes dans les hôpitaux provinciaux et locaux, notamment à l’hôpital provincial Saniat Rmel de Tétouan, qui accueille des patients en provenance de différentes zones. Cette situation se déroule dans un contexte marqué par une forte surcharge des équipes médicales et administratives, ainsi que par des problèmes d’orientation des malades, générant de vives tensions au sein des services, écrit Al Akhbar.
Par ailleurs, Amine Tahraoui a supervisé l’inauguration de plusieurs centres de santé ayant bénéficié de travaux de réhabilitation, de modernisation des infrastructures et d’une amélioration des conditions d’accueil dans différentes provinces de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceïma. Malgré ces initiatives, les protestations se poursuivent concernant la qualité des services offerts, en particulier en raison de l’absence persistante de médecins dans de nombreux centres de santé ruraux.
De nombreux observateurs du secteur de la santé à Tétouan et à M’diq attendent désormais les mesures que prendra le directeur du groupement sanitaire territorial afin de réorganiser la répartition des ressources humaines, de mieux encadrer les horaires de travail et d’améliorer les conditions d’accueil et de soins dans l’ensemble des établissements hospitaliers publics. Ils appellent également à l’achèvement des nouveaux projets en cours ainsi qu’à la finalisation des chantiers de maintenance et de réparation.
Le ministre de la Santé a, de son côté, été interpellé sur le manque criant de médecins spécialistes à l’hôpital provincial Saniat Rmel de Tétouan, ainsi que sur les difficultés rencontrées par les services des urgences et le bloc opératoire. Les délais d’attente excessivement longs pour les rendez-vous médicaux et l’indisponibilité de plusieurs médicaments, contraignant les patients à les acheter à leurs frais, figurent également parmi les problèmes soulevés. À cela, s’ajoute la pression exercée sur cet établissement, qui continue de recevoir des patients en provenance des provinces de Ouazzane, M’diq-Fnideq et Chefchaouen, accentuant davantage les dysfonctionnements déjà existants.







