Incendie criminel: Un mort et 26 blessés à la prison pour mineurs de Salé

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Revue de presseKiosque360. Samedi, une première tentative avait déjà été avortée et les coupables, identifiés, ont été transférés dans une autre prison. Mais, dimanche soir, un deuxième incendie s’est déclaré. Cette fois-ci, impossible de l’arrêter. Les conséquences ont été dévastatrices pour au moins 27 familles.

Le 31/08/2015 à 22h54

Un mort et 26 blessés graves. C’est le bilan provisoire d’un incendie d’origine criminelle qui s’est déclenché, dimanche, dans le Centre de réforme et d’éducation pour les prisonniers mineurs. Dès le début de l’incendie, une dizaine d’unités de la protection civile se sont immédiatement rendues sur les lieux de l’incident. «Ces unités ont été aidées de plusieurs camions citernes et ambulances», rapporte le journal Al Massae dans son édition de ce mardi 1er septembre. Des unités d’intervention rapide ainsi que des membres des forces auxiliaires se sont également rendues sur place pour apporter leur aide. «L’endroit s’est vite transformé en caserne où éléments de la Sûreté nationale côtoyaient ceux de la protection civile et les hauts fonctionnaires», remarque le journal.

Des sources internes au CRE, citées par Al Massae, affirment que 19 personnes ont été évacuées vers le service des urgences du Centre hospitalier universitaire (CHU) Avicenne. Toutes souffrent de brûlures au deuxième degré. L’état de 4 d’entre elles est particulièrement critique, rapporte pour sa part Akhbar Al Yaoum, dans son numéro de ce même 1er septembre. D’autres détenus ont été victimes de graves asphyxies causées par les fumées toxiques. Les autres blessés, beaucoup moins gravement atteints, ont été soignés sur place, à la prison des mineurs de Salé. Selon des sources du CHU Avicenne, citées par Akhbar Al yaoum, 18 enfants ont été admis au service des urgences, dimanche dans la nuit; 13 d'entre eux ont été immédiatement pris en charge puis libérés.

Le feu s’est déclenché suite à une mutinerie, rapporte le quotidien Al Massae. Pourtant, son origine demeure pour l’heure inconnue. «C’est le deuxième incident du genre en 24 heures seulement», fait remarquer Akhbar Al Yaoum. Un incident similaire a en effet été évité de justesse, samedi. «Les responsables ont été identifiés et transférés, dimanche matin, dans une autre prison jusqu’à la fin de l’enquête», a indiqué une source de la direction de l’Administration pénitentiaire. 

Pour Abdelali Rami, président du Forum des associations de l’enfance, cet incident est «une catastrophe» devant laquelle il ne faut pas rester les bras croisés. «Ces enfants ont été mis entre les mains de cette institution pour qu’on prenne soin d’eux. Il faut ouvrir une enquête pour identifier les vrais responsables», a-t-il déclaré. Le militant pour les droits de l’enfant a par ailleurs évoqué une étude réalisée par le Conseil national des droits de l’Homme et qu’il qualifie de «honteuse». Cette étude tire la sonnette d’alarme sur la situation dans laquelle évoluent les enfants dans les centres de détention pour mineurs.

Par Abdelhafid Lagzouli
Le 31/08/2015 à 22h54