Expropriations à Tanger: un parc éolien ravive les interrogations sur la pertinence des grands projets

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Revue de presseLe lancement d’une procédure d’expropriation dans la périphérie de Tanger, destinée à la construction d’un parc éolien, est à l’origine d’une vive controverse. Cette décision ravive les critiques sur la gestion des énergies renouvelables et remet en question la cohérence d’une stratégie qui, par le passé, a montré ses limites en matière de planification et de retombées locales. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 18/03/2026 à 18h22

Le recours à l’expropriation par les autorités compétentes dans la province de Fahs-Anjra, visant à libérer le foncier nécessaire à l’implantation d’un parc éolien, suscite une onde de critiques. Cette mesure, perçue comme un ultime recours pour des projets d’une utilité publique irréfutable et aux résultats garantis, semble aujourd’hui raviver les craintes liées à des expériences antérieures jugées peu concluantes.

Des voix s’élèvent pour rappeler que de précédents rapports officiels avaient déjà mis en lumière des dysfonctionnements dans la gestion de certains projets d’énergie renouvelable, rapporte le quotidien Al Akhbar de ce jeudi 19 mars. Ces documents soulignaient l’absence d’une vision stratégique claire, capable d’en assurer l’efficacité et la pérennité. La question centrale est celle de la vérification rigoureuse de la faisabilité de tels projets en amont, avant de recourir à une procédure aussi intrusive que l’expropriation.

Cette nouvelle initiative a donc rouvert le débat sur l’évaluation des politiques publiques dans le secteur. Les critiques s’appuient notamment sur les observations de la Cour des comptes, qui avait pointé des défaillances dans la gouvernance de certains programmes éoliens. L’institution avait insisté sur la nécessité d’une planification et d’une coordination renforcées entre les différents acteurs, condition sine qua non pour garantir la réalisation des objectifs fixés.

Selon les données disponibles, l’administration a effectivement entamé des démarches pour exproprier plusieurs parcelles. Pourtant, l’ombre des expériences passées plane sur ce projet. Les rapports de la Cour des comptes avaient également relevé l’impact économique limité de certaines installations sur les populations riveraines, un constat qui invite aujourd’hui à une révision en profondeur des méthodes de planification et d’exécution, indique Al Akhbar. L’enjeu est de taille: s’assurer que la mobilisation foncière et les investissements publics consentis débouchent sur des retombées tangibles et durables, conformes à l’utilité publique invoquée.

Par Hassan Benadad
Le 18/03/2026 à 18h22