Entre hospitalité et lucidité, le Maroc face au voisinage algérien

Abdelmadjid Tebboune, président de l'Algérie.

Revue de presseÀ l’heure où les discours de fraternité ressurgissent au gré des événements sportifs, le Maroc est une nouvelle fois confronté à une réalité plus complexe. Entre hostilité institutionnalisée et instrumentalisation politique, l’Algérie appelle moins à l’oubli qu’à la lucidité. Cet article est une revue de presse tirée de l’éditorial du quotidien Assabah.

Le 02/01/2026 à 20h17

«On leur tend la main pour tourner des pages sombres de l’histoire, et ils y plantent leurs crocs. On appelle à la paix, à la fraternité, à ce qui est commun entre peuples, et ils répondent par la rancœur, la ruse et la haine héritée». C’est ainsi que résume l’édito du quotidien Assabah des 3 et 4 janvier, la réaction du régime algérien et de ses relais à l’ouverture dont le Maroc fait preuve à l’égard du voisin.

Pour l’éditorialiste, une partie de la société algérienne a grandi dans un imaginaire construit autour du rejet du Maroc et des Marocains. Ce rejet n’est ni accidentel ni marginal. Il est ancien, structuré, transmis. Il s’exprime jusque dans le vocabulaire, dans les médias, dans les conversations ordinaires, où le nom même du pays est évité ou remplacé par des appellations dépréciatives. Cette hostilité n’est pas seulement émotionnelle, elle est idéologique, enseignée, répétée, institutionnalisée.

«Il faut avoir le courage de dire les choses telles qu’elles sont, sans détour ni faux-semblants, sans feindre l’amnésie. L’animosité envers le Maroc n’est pas née d’hier. Elle s’est nourrie dans les manuels scolaires, dans les discours officiels, dans une rhétorique où le Maroc est présenté comme un ennemi, où la question du Sahara est instrumentalisée jusqu’à ériger une construction artificielle en cause nationale sacrée. Cette vision a été inculquée génération après génération, au point de devenir un réflexe collectif », écrit Assabah.

L’histoire récente en porte les stigmates. Ceux qui, à l’occasion de la Coupe d’Afrique, sont aujourd’hui accueillis avec des fleurs, des plats chauds et des maisons ouvertes oublient, ou feignent d’oublier, que leurs propres autorités ont, un jour de fête religieuse, arraché des familles marocaines à leurs foyers, les ont expulsées dans la précipitation, sans biens, sans nourriture, sans protection, les abandonnant à la frontière dans des conditions indignes. Cette blessure n’a jamais été reconnue ni réparée, rappelle l’éditorialiste.

«Comment ignorer que le conflit du Sahara, conflit fabriqué et entretenu depuis des décennies par les cercles du pouvoir algérien, a retardé de plusieurs dizaines d’années la construction du Maghreb et saboté toute perspective d’intégration régionale? Comment oublier que, dans les moments les plus difficiles, le Maroc faisait face à des pressions diplomatiques, à des manœuvres hostiles dans les instances internationales et à une guerre menée par des mercenaires sur son propre territoire?», note Assabah.

Les Marocains sont, par nature, ouverts et de bonne foi. Peut-être trop. Mais la naïveté n’est pas une vertu lorsqu’elle se heurte à une hostilité structurée. Les slogans fraternels scandés à l’occasion d’événements sportifs se transforment rapidement, dans certains médias et réseaux, en campagnes de dénigrement. Derrière les chants de circonstance se cache souvent une volonté claire: transformer la bonne foi en triomphe politique contre le Maroc et exploiter chaque occasion pour nuire à ses intérêts fondamentaux, au premier rang desquels la question du Sahara marocain.

«Il serait donc plus sage, plus responsable, que le Maroc reste fidèle à ses valeurs d’hospitalité et de respect des peuples, tout en gardant une distance lucide. Ni excès de méfiance ni excès de complaisance. Accueillir avec dignité, sans illusion. Car il serait naïf de croire que certaines délégations viennent uniquement pour le sport, détachées de toute arrière-pensée politique ou diplomatique», lit-on dans le quotidien.

Par La Rédaction
Le 02/01/2026 à 20h17