Casablanca: le conseil de la commune instaure une taxe unique sur les terrains non bâtis à partir de 2026

La session normale du Conseil communal de Casablanca tenue mercredi 22 février 2023.

Durant une cession oridinaire du conseil communal de Casablanca

Revue de presseÀ compter du 1er janvier 2026, le Conseil de la Ville de Casablanca applique une réforme majeure de sa fiscalité locale. L’instauration d’un tarif unique pour les terrains non bâtis, destinée à doper les recettes municipales, suscite un débat entre volonté de modernisation et impératif de justice territoriale. Cet article est une revue de presse d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 18/01/2026 à 19h03

Une révision substantielle de la fiscalité appliquée aux terrains non bâtis est entrée en vigueur à Casablanca au 1er janvier 2026. Décidée par le conseil de la ville dans le cadre de la loi n°14.25, cette refonte instaure un plafond fiscal unifié, marquant une rupture avec l’ancien système.

Le changement est méthodologique: le calcul abandonne le référentiel urbanistique antérieur (zones de villas ou d’immeubles) pour lui substituer le critère du «niveau d’équipement», rapporte Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 19 janvier. Sur la base de cartographies croisées intégrant les réseaux d’eau, d’électricité, de tramway et de bus, l’ensemble du territoire casablancais a été classé en «première catégorie». Cette catégorisation impose désormais un tarif unique de 30 dirhams le mètre carré, quel que soit l’emplacement du terrain.

Cette mesure, défendue par la maire Nabila Rmili lors d’une session extraordinaire fin décembre 2025, résulterait d’une concertation avec plusieurs institutions, dont les ministères de la Santé et de l’Éducation, ainsi que les sociétés de transport et de distribution d’eau et d’électricité. Nabila Rmili a justifié ce classement par le statut de Casablanca en tant que périmètre urbain intégralement pourvu en équipements et services publics essentiels, condition légale requise pour appliquer le tarif maximal.

L’objectif financier est clair: la commune anticipe une rentrée supplémentaire avoisinant les 300 millions de dirhams. Ces ressources nouvelles doivent consolider ses capacités de financement, dans un contexte de pressions accrues et à l’approche de la Coupe du monde 2030. Cependant, l’uniformisation tarifaire ne fait pas l’unanimité au sein du Conseil, écrit Al Ahdath Al Maghribia.

Certains élus pointent un manque d’équité fiscale, estimant que mettre sur un pied d’égalité des terrains situés dans des quartiers huppés comme Anfa ou Maârif avec ceux de zones périphériques à plus faible valeur foncière, telle Ahl Loghlam ou Sidi Moumen, est discutable. Des conseillers communaux mettent même en garde contre un risque de distorsion: dans certains cas, la pression fiscale pourrait excéder la valeur économique réelle du terrain, transformant un outil de développement en un facteur potentiellement contre-productif.

Par Hassan Benadad
Le 18/01/2026 à 19h03