Une discrétion profonde continue de régner au sein des instances du RNI concernant la succession d’Aziz Akhannouch à la tête du parti. À cinq jours seulement de l’échéance pour le dépôt des candidatures, la commission préparatoire du congrès extraordinaire du 7 février n’a encore enregistré aucune demande officielle.
«Plus frappant encore, les membres du bureau politique, du conseil national, voire de l’équipe gouvernementale issue du RNI, ignorent eux-mêmes le nom du futur dirigeant», rapporte le quotidien Assabah de ce vendredi 23 janvier. Cette question fait l’objet d’un secret jalousement gardé, et l’identité du nouveau président ne sera révélée qu’au dernier jour prévu pour les candidatures.
Quelques rumeurs, filtrant de l’extérieur du parti, laissent entendre que le successeur pourrait être un membre du gouvernement actuel, récemment rappelé de l’étranger. En attendant la levée de ce voile, la commission préparatoire, présidée par Rachid Talbi Alami, poursuit méthodiquement ses réunions en vue de l’organisation du congrès à El Jadida.
Cependant, une inquiétude plane: l’annonce du nouveau leader pourrait déclencher une vague de transhumance au sein du groupe parlementaire, à l’instar d’un élu de la région Rabat-Salé-Kénitra qui aurait déjà conclu un accord secret avec le PAM en vue des législatives de 2026.
Si Aziz Akhannouch a refusé de modifier les statuts pour prolonger son mandat, il aurait promis de soutenir son successeur «dans l’ombre», sans l’abandonner. «D’autres sources indiquent que le chef du gouvernement prendra ses distances avec l’appareil partisan après le 7 février pour se consacrer exclusivement à la conduite du gouvernement», note Assabah. Sa décision de quitter la présidence du RNI, justifiée par la nécessité de renouveler la démocratie interne et de passer le flambeau après une décennie, a été difficilement acceptée par certains de ses pairs. Nombre d’observateurs et de militants peinent à saisir cette démarche, tant dans la culture politique, un chef de parti ne cède habituellement sa place qu’en cas d’échec électoral ou organisationnel.








