États-Unis - Vietnam: à Hanoï, Biden entre dicusssions économiques et mémoire de la guerre

Le président vietnamien Vo Van Thuong et le président américain Joe Biden se serrent la main lors d'une réunion au palais présidentiel de Hanoi, le 11 septembre 2023.. AFP or licensors

Joe Biden conclut ce lundi sa visite éclair à Hanoï, qu’il qualifie d’«historique», entre discussions économiques et hommage à un héros américain de la guerre du Vietnam.

Le 11/09/2023 à 08h06

Joe Biden, qui aura passé environ 24 heures à Hanoï, la capitale vietnamienne, doit rencontrer le président Vo Van Thuong et le Premier ministre Pham Minh Chinh. Le président américain a parlé dimanche d’une visite «historique», au diapason de la presse d’État vietnamienne qui saluait, ce lundi matin, «un nouveau chapitre» dans la relation bilatérale, et qui soulignait la «signification particulière» de ce voyage.

Aujourd’hui, Joe Biden a prévu de s’inviter lors d’une réunion de grands noms de l’industrie et de la tech des deux pays, où Google, Boeing ou encore Intel, côté américain, seront représentés. Dimanche, le Vietnam et les États-Unis ont signé un accord de partenariat stratégique plus poussé, à forte teneur économique et technologique. Les deux pays entendent notamment travailler davantage dans les semiconducteurs.

Les États-Unis, dans ce texte, vantent «la capacité (du pays du Sud-Est asiatique) à jouer un rôle essentiel pour monter des chaînes d’approvisionnement de semiconducteurs robustes». En d’autres termes: moins dépendantes de la Chine.

Un accord se «gagnant-gagnant»

L’accord se veut gagnant-gagnant. Il doit permettre aux États-Unis, que Joe Biden veut réindustrialiser à grande vitesse, de garantir des approvisionnements de composants électroniques essentiels.Le Vietnam, lui, peut espérer l’appui des Américains pour développer ses capacités de production, aujourd’hui saturées, et monter en gamme sur le plan technologique, notamment en formant sa main d’oeuvre.

Joe Biden a répété dimanche, lors d’une conférence de presse, qu’il ne voulait ni «isoler» ni «contenir» la Chine. Mais sa visite se veut une démonstration de la puissance et de la bonne santé économiques américaines aux portes de la grande rivale des États-Unis. Dont le président américain s’est fait un plaisir de souligner les «difficultés» sociales et économiques.

Le démocrate de 80 ans doit conclure son passage au Vietnam par une évocation de la guerre. Joe Biden, qui briguera en 2024 sa réélection, se rendra à l’endroit marqué d’une stèle où l’avion de John McCain avait été abattu le 26 octobre 1967. Grièvement blessé, le pilote de chasse avait été fait prisonnier, incarcéré pendant plus de cinq ans et torturé.

Réconciliation

John McCain, que le président démocrate considérait comme un «frère» en dépit de leurs divergences partisanes, était ensuite devenu une figure du Parti républicain. Avant d’être emporté en 2018 par un cancer du cerveau, il a oeuvré pour panser les plaies laissées entre le Vietnam et les États-Unis.

Joe Biden, lui, est d’une certaine manière resté étranger à ce conflit si marquant pour sa génération. Il n’a pas combattu, exempté pour des questions universitaires et de santé. Il n’a pas non plus manifesté contre la guerre. En rendant hommage à John McCain, le président américain donne aussi des gages de ferveur patriotique en une journée du 11 septembre évidemment très particulière pour les Américains.

Par Le360 (avec AFP)
Le 11/09/2023 à 08h06