Le ministère de l’Industrie réagit au dumping chinois sur les luminaires LED

Des luminaires LED pour l'éclairage public. noga@reco.sk

Revue de presseAprès une enquête de plus de deux ans, le ministère de l’Industrie et du Commerce annonce l’imposition d’un droit antidumping de 27% sur les importations chinoises de luminaires LED pour l’éclairage public. Objectif: protéger une filière nationale stratégique, fragilisée par des prix à l’export largement inférieurs aux coûts de production locaux. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 01/01/2026 à 19h09

Le Maroc a décidé de mettre fin aux pratiques de dumping exercées par la Chine sur le marché des luminaires LED destinés à l’éclairage public. «Le ministère de l’Industrie et du Commerce a publié récemment l’avis public n° DDC/16/2025, annonçant la clôture d’une enquête antidumping portant sur les importations de ces dispositifs originaires de Chine», indique le quotidien L’Économiste dans son édition du vendredi 2 janvier.

Cette enquête, lancée le 7 août 2023, a été officiellement close le 24 décembre 2025. Elle fait suite à une requête déposée par les acteurs locaux du secteur, préoccupés par la concurrence déloyale exercée par des produits importés à des prix largement inférieurs à ceux pratiqués sur le marché national. Après avoir analysé les données et recueilli l’avis de la Commission de surveillance des importations, réunie le 21 novembre 2025, le ministère a décidé d’imposer un droit antidumping définitif de 27% sur ces importations. Ce taux correspond à la marge de dumping calculée, illustrant l’ampleur de l’écart entre les prix chinois à l’export et les prix locaux.

Les luminaires LED concernés, codifiés SH 94.05.42.00.10, jouent un rôle stratégique dans l’éclairage des rues, boulevards, parcs et places publiques. Ils reposent sur la technologie de l’électroluminescence, un élément central de la transition énergétique urbaine. «La filière marocaine, jugée stratégique par les autorités, a pourtant été fragilisée par la pression des importations sous-cotées en provenance d’Asie», note L’Économiste.

L’enquête a été particulièrement marquée par l’absence de coopération des exportateurs chinois, qui n’ont pas répondu aux questionnaires officiels. Les autorités marocaines ont alors dû se baser sur les informations fournies par le requérant, probablement un producteur national, ainsi que par les importateurs locaux. Face à ce manque de transparence, le ministère s’est appuyé sur la loi n° 15-09 relative aux mesures de défense commerciale et sur son décret d’application n° 2-12-645 pour déterminer la valeur normale et le prix à l’exportation, aboutissant ainsi à la marge de dumping de 27%.

Les indicateurs de la branche de production nationale dressent un tableau préoccupant : baisse de la production, effondrement des ventes et des parts de marché, sous-utilisation chronique des capacités installées et pertes financières en 2023, liées à des prix de vente inférieurs aux coûts de production. «Pourtant, la capacité disponible au Maroc serait suffisante pour couvrir une grande partie des besoins nationaux. Le déséquilibre constaté révèle l’effet paralysant des importations sous-cotées, qui empêchent toute remontée des prix et déstabilisent durablement les producteurs locaux», précise L’Économiste.

Dans son analyse, le ministère a écarté d’autres facteurs susceptibles d’expliquer la situation, tels que l’évolution des coûts des matières premières ou les fluctuations macroéconomiques. La conclusion est claire: les importations chinoises pratiquant le dumping constituent la cause majeure du préjudice subi par la branche nationale. La décision de mettre en place un droit antidumping de 27% a été validée par la Commission de surveillance des importations le 21 novembre 2025 et est entrée en vigueur dès la clôture officielle de l’enquête, le 24 décembre 2025.

Cette mesure constitue un signal fort en faveur de l’industrialisation et de la souveraineté productive du Maroc. Elle s’inscrit dans le cadre des réformes visant à renforcer la résilience industrielle, notamment dans les secteurs liés à l’efficacité énergétique et aux infrastructures durables. Elle témoigne également de la maîtrise par le Royaume des instruments de défense commerciale, dans le respect des règles de l’Organisation mondiale du commerce. Dans un contexte où le Maroc cherche à diversifier ses partenariats économiques tout en protégeant ses industries locales, cette décision rappelle que le libre-échange ne doit pas se traduire par l’impunité face aux pratiques commerciales déloyales.

Par La Rédaction
Le 01/01/2026 à 19h09