En ce début d’année, la chasse aux bonnes affaires anime de nouveau le marché actions. Les investisseurs s’emploient à passer en revue les plus fortes contre-performances boursières de 2025 dans l’espoir d’identifier les titres susceptibles d’opérer un rebond marqué en 2026. L’exercice s’avère toutefois plus complexe qu’il n’y paraît, dans un contexte globalement porteur, écrit le quotidien Les Inspirations Éco. Sur les 81 valeurs cotées recensées, 62 affichaient en effet, à fin 2025, une performance positive depuis le début de l’année, signe d’un marché largement orienté à la hausse.
Cette stratégie de rattrapage avait pourtant donné des résultats probants l’an dernier. Les grands perdants de l’exercice précédent s’étaient hissés, douze mois plus tard, parmi les meilleures performances de la cote, profitant pleinement d’un effet de rebond. L’indice phare de la place a lui-même illustré ce mouvement, en signant une performance annuelle exceptionnelle de +27,57% à l’issue de l’exercice 2025. Cette dynamique a entraîné dans son sillage plusieurs titres sévèrement sanctionnés en 2024, qui ont opéré un redressement spectaculaire l’année suivante. La progression soutenue de l’indice de référence a ainsi joué un rôle de catalyseur, permettant à des valeurs longtemps délaissées de renouer avec l’intérêt des investisseurs.
Plusieurs exemples emblématiques illustrent ce phénomène. Dans le secteur industriel, Stroc Industrie, qui avait accusé un recul de 18,6% en 2024, a enregistré une envolée spectaculaire de 482,6% en 2025, portée par le retour de l’appétit pour les dossiers à fort levier opérationnel. Stokvis Nord Afrique, en baisse de 21,4% l’année précédente, a également signé un impressionnant redressement, avec une hausse de 474,2% après une longue phase de désaffection. Les valeurs de distribution et d’équipement n’ont pas été en reste. Fenie Brossette, qui avait cédé 16,9% en 2024, a rebondi de 258,4% en 2025, bénéficiant d’un repositionnement stratégique plus lisible et d’un regain d’intérêt pour les valeurs cycliques. Sonasid, en repli de 14,2% un an plus tôt, a progressé de 126,3% sur l’exercice 2025, soutenue par de meilleures perspectives pour l’activité sidérurgique et par l’accélération des chantiers d’infrastructures, notamment dans la perspective du Mondial 2030.
Le mouvement de rattrapage s’est également étendu aux valeurs minières, détaille Les Inspirations Éco. Managem, pénalisée en 2024 par la forte volatilité des matières premières et en baisse de 12,8% cette année-là, a retrouvé de l’élan en 2025 avec une progression de 121,5%, dans un environnement redevenu plus favorable aux métaux stratégiques. Le secteur technologique a lui aussi participé à ce rebond. SMI, opérateur monétique, avait reculé de 19,7% en 2024 dans un segment jugé mature et peu porteur. Le titre s’est adjugé 108% à fin 2025, porté par le regain d’intérêt pour les infrastructures de paiement.
Malgré ce tableau globalement favorable, des signes de nervosité persistent à court terme. La Bourse de Casablanca a enchaîné cinq séances consécutives de baisse, ramenant le Masi sous le seuil des 19.000 points et réduisant sa performance depuis le début de l’année à +0,19%. À la mi-séance du mercredi 21 janvier, l’indice principal reculait de 0,3%, tandis que le MASI 20 cédait 0,24%. Cette correction technique alimente les interrogations des investisseurs, dans un début d’année déjà marqué par une volatilité prononcée.
Cité par Les Inspirations Éco, Farid Mezouar, directeur exécutif de FLM Markets, souligne que ce repli s’explique par plusieurs facteurs convergents. La remontée des taux obligataires a pesé sur les valorisations, tout comme la multiplication des opérations de levées de fonds, qui mobilisent fortement les investisseurs institutionnels. Il écarte en revanche l’idée d’un lien direct entre la défaite de l’équipe nationale en finale de la CAN et le recul du marché, notamment concernant les valeurs disposant d’une exposition africaine. Il reconnaît néanmoins que la finale a pu affecter le sentiment général. Le scénario de la défaite et les incidents de hooliganisme qui ont accompagné l’événement ont sans doute eu un impact indirect sur le moral des investisseurs, même s’il demeure prématuré d’en mesurer les effets concrets sur le marché. D’après les autorités, les retombées économiques seraient même plutôt positives, en particulier pour le secteur du tourisme.
Au-delà de la séquence émotionnelle, l’évaluation des effets économiques de la CAN ne peut se faire que dans la durée. Les pouvoirs publics mettent en avant un impact globalement favorable, porté par l’afflux de visiteurs, la mobilisation des filières du tourisme, du transport et des services, ainsi que par l’accélération de projets d’infrastructures lancés en amont de la compétition. L’hôtellerie, la restauration, le commerce et la logistique ont enregistré un surcroît d’activité, tandis que l’événement a contribué à renforcer l’attractivité du pays à l’échelle continentale. À ces effets conjoncturels s’ajoutent des bénéfices plus structurels liés à la modernisation des équipements sportifs et urbains. Le gouvernement évoque notamment la mobilisation de près de 100.000 emplois, l’implication de plus de 3.000 entreprises locales et un stimulus notable pour la consommation intérieure.
Les perspectives pour 2026 apparaissent, dans ce contexte, plutôt favorables, a-t-on lu. Les analystes anticipent un environnement plus porteur, soutenu par un cycle économique mieux orienté et par des catalyseurs sectoriels clairement identifiés. Les valeurs bancaires devraient enregistrer une bonne performance, tout comme celles liées aux grands chantiers et aux infrastructures associées aux préparatifs du Mondial, à l’image de TGCC ou de la nouvelle venue SGTM. À ces éléments, s’ajoute un facteur macroéconomique clé, à savoir la reprise attendue de la valeur ajoutée agricole, favorisée par de bonnes précipitations, et susceptible de diffuser ses effets positifs à l’ensemble de l’économie. Un contexte qui pourrait encourager une réallocation progressive des portefeuilles vers des actifs plus risqués.








