Un beau livre d'art en hommage à Malika Agueznay

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Un beau livre d'art en hommage à Malika Agueznay sera révélé au public ce vendredi 13 février, à la Villa des Arts de Rabat. Livre hommage à une grande artiste, d'une humilité infinie.

Le 10/02/2015 à 10h19

Les doigts fébriles de l’artiste glissent sur les étals vierges des mémoires à refaire, à défaire et refaire dans l’étreinte d’une valse insensée avec l’oubli. Lancinant. Dont les vibrants silences s’élèvent, traversent la nuit blanche des amnésies, s’y éploient frémissantes éclosions de sinueuses, onduleuses efflorescences. Miroirs du dedans, miroirs contraires de ce qui n’est pas donné à voir, miroirs à rebours ou étangs palimpsestes de souffles obscurs qui se fraient, murmures venus de loin, des ventrailles des temps, un chemin dans la nuit, jaillissent au-dehors mystérieux chant des origines, vertigineuses graphies où se jouent ces origines qui s’énoncent mystiques métaphores dans le délié sensuel de floraisons aquatiques et ailées. Mystiques métaphores d’une quête et d’une fête de la vie, de ses tremblées embryonnaires questionnant le divin, le Tout et Un, dans les chatoyantes germinations aquatiques, les douces expirations des terres immergées, les lianes de varech comme sublimées par les caresses des vents, et la lettre… La lettre arabe déployée, aussi, comme autant d’envoûtantes délitescences qui ont ce don inestimable de non pas tant nous révéler à nous-mêmes mais nous éveiller à quelque chose d’une abyssale insouvenance, aussi imprenable que prégnante, d’autant plus prégnante qu’elle reste insaisissable. Et nul besoin d’en essayer de déchiffrer le sens. La lettre se déroule indicible frisson qui se prend à nos peaux, tatous, ciselés, comme en peau des déserts sous les expires ardentes des cherguis, par un calame trempé dans l’encre des soleils et des pigments des mondes. Tournoyantes graphies écumées braises ou azuréennes amours puisées bleues et ocres aux laves diluviennes des zéniths, soupirs vrillés turquoise aux jusants confondus des cieux et des marées. Là où l’œuvre se fait océanes ondées d’un souffle inaugural. Œuvre retraduite multiples parchemins, de soleils en éclipses. Pour qu’éclatent les printemps dans l’excavation des énigmes des nuits. Nos nuits. Ecrin recélant le secret de notre être-là. Quête, infinie, qui se fait, chez Malika Agueznay, dans la douceur d’une offrande sans cesse renouvelée. B. Azami

Après l’organisation, en décembre, de l’exposition rétrospective de l’oeuvre de Malika Agueznay, la Fondation ONA présente, vendredi 13 février, un beau livre d’art dédié à l’artiste. Un livre hommage que la fondation a édité en partenariat avec la CDG et qu’elle dévoilera à la Villa des Arts de Rabat, à 18h, en présence de l’artiste peintre et d’invités engagés dans le monde des arts.

Née en 1938 à Marrakech, Malika Agueznay a intégré, en 1966, l’École des Beaux-arts de Casablanca où elle a poursuivi ses études jusqu’en 1970. Elle fera ainsi partie de ce groupe prestigieux surnommé «Groupe de Casablanca» pour rassembler des artistes aussi renommés que Farid Belkahia, Mohamed Chabâa ou Mohamed Melehi. Au Moussem d’Asilah, en 1978, Malika Agueznay entame son histoire d’amour avec la gravure. Une histoire qu’elle prolongera à New York où elle fréquentera les ateliers de Mohamad Omar Khalil, Krishna Ready et Robert Blackburn, puis à Paris.

Par Bouthaina Azami
Le 10/02/2015 à 10h19