Trois Marocains jugés en France pour accident d'autocar remontant à 2008

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Deux chauffeurs et le gérant d’une société de transports nés au Maroc ont comparu ce mardi devant la justice française. Ils sont accusés d'être responsables de la mort de sept personnes dans un accident survenu en 2008.

Le 18/11/2015 à 16h37

Trois hommes nés au Maroc, deux chauffeurs et le gérant d'une société de transports, ont comparu ce mardi en France pour un accident ayant fait sept morts en 2008. Les victimes sont en grande partie des retraités marocains résidant en banlieue parisienne.

"Dans ce dossier, on est dans une prise de risque maximale", a estimé à l'ouverture de l'audience la présidente du tribunal de Blois (centre) Maggy Deligeon, après avoir énuméré les irrégularités et infractions relevées par les enquêteurs.

Selon les experts, l'accident a été provoqué par l'éclatement du pneu avant droit du véhicule en provenance du Maroc, qui était allé percuter une pile de pont autoroutier à Suèvres (centre) dans la nuit du 22 au 23 mai 2008. L'expertise a mis en lumière une usure anormale du pneu, pourtant changé la veille au Maroc, en raison d'un sous-gonflage, d'un défaut de réglage du parallélisme, d'une vitesse de croisière excessive et d'une surcharge du véhicule.

D'autres pneus avaient leur bande de roulement usée et les freins étaient en mauvais état.

L'enquête a en outre révélé de graves infractions à la réglementation des temps de repos et de conduite des chauffeurs grâce à des disques de chronotachygraphes au nom de chauffeurs fictifs. Enfin, la société de transports n'avait pas l'autorisation d'exploiter une ligne régulière de transport de voyageurs.

Les deux chauffeurs du car, dont l'un avait été blessé, et le gérant de la société de transport "Aziz Transports", sont poursuivis principalement pour homicides et blessures involontaires.

Pour le gérant de la société "Aziz Transport", Abdelouahab Houays, "le car était propre, il était bien" et son autorisation délivrée par les autorités marocaines était suffisante pour lui permettre d'assurer le transport de voyageurs en Europe. Dans des explications embarrassées, les trois hommes ont assuré que les infractions aux temps de conduite et la falsification de disques sont des "pratiques courantes" pour les sociétés de transport routier qui assurent la liaison entre la France et le Maroc.

Une vingtaine de familles de victimes - pour la plupart des retraités marocains domiciliés aux Mureaux, en banlieue parisienne - s'est constituée partie civile.

Le 18/11/2015 à 16h37