Les événements qui ont perturbé la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 pourraient avoir des conséquences bien au-delà du terrain. Si le match est allé à son terme et que le résultat sportif n’est pas remis en cause, le Sénégal s’expose néanmoins à un arsenal de sanctions disciplinaires de la part de la CAF, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce vendredi 23 janvier. Selon les règlements de la Confédération africaine de football (CAF) et le Code disciplinaire en vigueur, le refus de poursuivre une rencontre ou le fait de quitter l’aire de jeu sans l’autorisation de l’arbitre constitue une infraction disciplinaire grave, y compris lorsque le match est finalement repris et mené à son terme. Ces textes confèrent à la commission de discipline de la CAF un large pouvoir d’appréciation pour infliger des sanctions proportionnelles à la gravité des faits constatés.
Dans ce contexte, plusieurs sources juridiques estiment que la Fédération sénégalaise de football s’expose à des sanctions financières importantes. Une amende minimale de 20.000 dollars américains est prévue par les règlements, mais ce montant pourrait être revu à la hausse compte tenu du fait que les incidents se sont produits lors d’une finale continentale, un contexte considéré comme aggravant. Des amendes individuelles pourraient également être prononcées à l’encontre de certains acteurs directement impliqués dans le refus temporaire de reprendre le jeu ou dans la perturbation du déroulement normal de la rencontre.
Au-delà de l’aspect strictement financier, la responsabilité disciplinaire de la fédération sénégalaise pourrait être engagée pour des faits connexes survenus pendant l’arrêt de la rencontre. Les rapports évoquent notamment des tentatives d’envahissement de la pelouse, des heurts avec les agents de sécurité et des actes de dégradation. De tels comportements sont susceptibles d’entraîner des sanctions supplémentaires, comme l’organisation de matchs à huis clos ou des restrictions sur l’accueil du public lors de futures compétitions.
Même si l’hypothèse d’une requalification de l’incident en retrait officiel demeure peu probable, en raison de la reprise du match et de l’absence de mise en œuvre complète de la procédure de forfait par l’arbitre, les instances disciplinaires de la CAF restent compétentes pour qualifier le comportement comme un refus illégitime de poursuivre le jeu. Cette approche vise à préserver l’autorité de l’arbitre et la stabilité des compétitions continentales. La commission de discipline de la CAF devrait rendre sa décision dans les prochains jours, dans un climat d’attente marqué, tant les sanctions envisagées pourraient constituer une référence juridique dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations.
Al Akhbar évoque néanmoins des scénarios plus sévères. Elles avancent la possibilité d’une amende pouvant atteindre 300.000 dollars, voire davantage en fonction des conclusions de l’enquête disciplinaire. Des sanctions sportives individuelles, telles que des suspensions de plusieurs matchs à l’encontre du sélectionneur et de certains joueurs, sont également évoquées. En revanche, l’hypothèse d’une exclusion immédiate des prochaines grandes compétitions internationales, comme la Coupe du monde 2026 ou la Coupe d’Afrique des nations 2027, apparaît à ce stade comme peu probable, même si des sanctions indirectes, telles qu’un retrait de points lors des qualifications, ne sont pas totalement écartées sur le plan réglementaire. Du côté de la Fédération internationale de football (FIFA), aucune mesure disciplinaire n’est attendue à court terme, la gestion du dossier relevant en priorité des instances africaines. Toutefois, certaines interprétations estiment que des restrictions futures, notamment sur la participation à certaines phases de compétitions, pourraient être envisagées si les faits étaient jugés particulièrement graves et répétés.
En ce qui concerne l’éventualité d’un contentieux entre les parties, la possibilité d’un recours devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) reste théoriquement ouverte.
Toutefois, d’un point de vue juridique, les chances de remettre en cause le résultat sportif apparaissent très limitées. La rencontre ayant été officiellement achevée sous l’autorité de l’arbitre, avec recours à l’assistance vidéo, la jurisprudence constante du TAS considère que les décisions arbitrales prises pendant le match, dès lors qu’elles respectent les lois du jeu, ne peuvent être annulées ou révisées par une juridiction sportive. En revanche, le comportement du Sénégal, caractérisé par une interruption prolongée et un refus temporaire de reprendre le jeu, pourrait être retenu comme un manquement disciplinaire distinct, sans incidence sur le résultat final.
Repris par Al Akhbar, un rapport préliminaire émanant d’un centre de recherche spécialisé en droit du sport souligne que l’esprit sportif ne se limite pas à des considérations morales, mais repose sur un ensemble précis de règles juridiques et organisationnelles destinées à garantir l’équité des compétitions et l’autorité arbitrale. Le document rappelle que la décision d’accorder un penalty après consultation de l’assistance vidéo constitue une décision arbitrale définitive conforme aux règlements. En revanche, la réaction du camp sénégalais, marquée par la sortie de plusieurs joueurs du terrain et un arrêt du jeu avoisinant un quart d’heure, est qualifiée de refus non légitime de poursuivre la rencontre. Le rapport estime que la fédération sénégalaise pourrait être tenue pour responsable des agissements de ses joueurs, de son encadrement technique et d’une partie de ses supporters, tout en recommandant des sanctions disciplinaires et financières sans remise en cause du résultat sportif, afin de concilier stabilité de la compétition et prévention de futurs débordements.
Enfin, la responsabilité individuelle du sélectionneur sénégalais est également examinée par les instances disciplinaires, notamment en raison de soupçons l’accusant d’avoir encouragé ses joueurs à quitter le terrain. Une enquête disciplinaire est en cours et pourrait déboucher sur des suspensions limitées aux compétitions africaines, sauf extension exceptionnelle à d’autres compétitions internationales. Malgré des excuses publiquement formulées et des déclarations visant à apaiser les tensions, les autorités disciplinaires devront désormais trancher sur la base des règlements, dans un dossier suivi de près par l’ensemble du football africain.








