Maroc: Covid-19? Arme biologique voire punition divine pour certains jeunes

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Revue de presseKiosque360. D'après une étude, un jeune Marocain sur deux croit que la Covid-19 est une arme biologique utilisée dans une guerre entre Etats. Un jeune sur dix pense que c'est une punition divine. 31% des jeunes pensent, au contraire, que c'est un virus naturel contracté par l'Homme.

Le 25/09/2020 à 19h33

La pandémie du coronavirus serait en réalité une arme chimique utilisée dans le cadre d’un conflit entre les super-puissances mondiales. C'est à peine croyable, quand on n’est pas adepte de la théorie du complot, mais c'est pourtant ce que croient près de la moitié des jeunes Marocains.

Ainsi, selon les résultats d'une étude réalisée sur le terrain par le bureau d’étude «Future Elite», repris par la quotidien Al Massae dans son édition du week-end des 26 et 27 septembre, 48% des jeunes considèrent effectivement que le virus est une arme biologique utilisée dans une guerre entre les puissances mondiales.

Une proportion moins implorante, 9%, estime au contraire qu'il s'est échappé d'un laboratoire dans des circonstances non élucidées, tout en pensant que c'est une arme biologique. Plus logiques dans leurs idées et moins versés dans la théorie du complot, 31% des jeunes sondés estiment au contraire que c'est un virus né dans la nature et qui s'est transmis à l'Homme.

Mais ce qui est encore plus inquiétant, à l'ère des technologies avancées et de la science à portée d'un clic, c'est qu'au moins un jeune Marocaine sur dix (10% des personnes concernées par l'étude) croit encore que c'est un châtiment divin. Ces jeunes continuent à croire dur comme fer que Dieu est en train de nous punir parce que nous nous sommes écartés du droit chemin. 

Dans un autre registre, poursuit Al Massae, la majorité des jeunes qui ont fait l'objet de cette étude, soit 85%, considèrent que la crise sanitaire au coronavirus a accentué les disparités sociales. Cela alors qu'à peine 4% des sondés estiment qu’au contraire la Covid-19 n'a pas creusé le fossé entre riches et pauvres. Plus encore, 24% des personnes sondées, soit un jeune sur quatre, considèrent que le virus a affecté négativement leur état psychique. D’après leurs déclarations, ils sont devenus plus dépressifs, anxieux et souffrent de stress et d’isolement.

Sur le plan financier, 24% des jeunes ayant fait l'objet de l'enquête, soit la même proportion, ont confirmé l'impact financier de cette crise sanitaire. Des retombées qui se sont manifestées par une baisse significative du revenu mensuel de la famille. 59% d'entre eux ont ainsi parlé d'une baisse très importante des revenus familiaux. Un jeune sur cinq, ou même un peu plus soit 22%, ont évoqué une perte d'emploi les concernant ou dans leur entourage familial. Cela alors que, poursuit le quotidien citant cette étude, 10% des jeunes sondés assurent que cette crise sanitaire a été à l'origine de conflits et de problèmes familiaux dont ils sont témoins.

Cette étude, rappelle le quotidien, a été réalisée au profit de l’Observatoire du Nord pour les droits de l’Homme sur le coronavirus et son impact économique et social au Maroc. Elle a été réalisée auprès d’un échantillon de 500 jeunes âgés entre 18 et 25 ans (dont 48% de sexe féminin) résidant dans la région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima. L’étude a été menée entre le 20 août et le 10 septembre.

Par Amyne Asmlal
Le 25/09/2020 à 19h33