Le mouvement de protestation des avocats marocains, qui est entré dans sa sixième semaine consécutive, se poursuit à l’appel de l’Association des barreaux du Maroc (ABM), entraînant une paralysie presque totale des tribunaux et le blocage de milliers d’affaires judiciaires. Malgré l’aboutissement du parcours législatif du projet de loi régissant la profession et sa transmission à la Cour constitutionnelle, le corps professoral a fait le choix de maintenir son programme de revendications, au lieu de reprendre le chemin des audiences, indique Assabah de ce mercredi 22 juillet.
Dans un communiqué publié par son bureau, l’ABM confirme le maintien du débrayage global, incluant la suspension des prestations d’assistance judiciaire, le lancement de recours à l’échelle internationale et la préparation de toutes les formes de protestation légitimes. Pour les instances représentatives de la profession, la saisine dont a fait l’objet la Cour constitutionnelle est une étape institutionnelle ordinaire qui ne règle en rien le fond du problème. Les représentants des avocats estiment que la situation actuelle résulte d’une crise de méthode marquée par le non-respect de la démocratie participative, la rupture des engagements pris et le reniement des accords préalables. Les dispositions contestées dans le projet de loi visent à imposer un fait accompli, qui porte atteinte à l’indépendance de l’avocat, à son immunité et à l’auto-organisation de la profession.
Devant ce blocage, l’association appelle l’ensemble des avocates et avocats à maintenir une discipline rigoureuse et une vigilance constante, tout en restant mobilisés dans l’attente de la tenue prochaine de son conseil général. Alors que certains observateurs s’attendaient à une trêve, avec la fin du processus parlementaire et le recours à la juridiction constitutionnelle initié par le président de la Chambre des représentants, les avocats ont préféré poursuivre l’escalade en l’absence de garanties concrètes pour mettre fin au différend, écrit Assabah.
Du côté du pouvoir exécutif, la présidence du gouvernement prévoit de tirer les conséquences juridiques qui s’imposeront à la suite des décisions de la Cour constitutionnelle. Il apparaît néanmoins peu probable qu’une session parlementaire extraordinaire soit convoquée à cet effet, faute d’urgence avérée, selon des sources gouvernementales. La priorité devrait être accordée à la reprise de l’activité judiciaire afin de protéger les intérêts des usagers de la justice, et plus particulièrement des personnes détenues dont les délais de jugement se trouvent considérablement rallongés par cette grève prolongée.




