Oxford Business Group: voici les avancées du Maroc dans le domaine des TIC

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Selon Oxford Business Group, la promulgation de la loi n°121-12 relative aux Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) est une initiative louable qui permettra une amélioration de la transparence, un renforcement de l’instance d’arbitrage et une meilleure régulation du secteur.

Le 06/05/2019 à 08h38

Publiée sur le Bulletin officiel le 18 février dernier, la loi 121-12 a su attirer l’attention des analystes d’Oxford Business Group (OBG), cabinet d'intelligence économique et de conseil, dont un bureau se trouve au Maroc. Cette loi est axée sur trois volets : transparence, concurrence positive, et renforcement du pouvoir pénal.

La transparence concerne les contrats et les offres des opérateurs du secteur. La concurrence positive consiste à autoriser la collaboration entre les différents opérateurs afin de fournir leurs services dans les régions les plus enclavées du royaume. .

Mais c’est pour l’Agence Nationale de Règlementation des Télécommunication (ANRT) que cette loi apporte le plus fort changement : en lui conférant le pouvoir de pénaliser en cas de non respect des lois régulant le secteur, l’ANRT n’a plus à se contenter de lancer des procédures légales sans les appliquer.

D’après l’analyse de l’équipe d’OBG, mandatée pour la production de «The Report: Morocco 2019», le domaine des TIC dans le royaume est «l’un des plus mature de la région, depuis le début de la libéralisation, dans les années 90».

Au mois de janvier 2019, le Maroc a un taux de pénétration d’Internet s’élevant à 62%, d’après le rapport digital global 2019 des agences de réseaux sociaux Hootsuite et We Are Social. Concernant la couverture Internet mobile, elle était de 70% à fin 2018 d’après l’association internationale de téléphonie, GSMA.

Les chiffres officiels de l’ANRT classent ainsi les plus grands acteurs du secteur des télécommunications au Maroc: Maroc Telecom (42,3% des parts de marché 2018), Orange Maroc (29,6%), Inwi (28,1%).

Le plan Maroc Digital 2020, qui vise à mettre à profit la numérisation et activer le levier de l’entrepreneuriat dans le secteur des TIC, a su convaincre la Banque Mondiale de sa faisabilité économique.

L’institution sise à Bretton Woods a ainsi accordé un prêt de 611 millions d’euros à cette fin.

Point phare du rapport TIC de ce cabinet d’intelligence économique, l’un des défis contemporains majeurs du royaume est la fuite du capital humain national.

D’après la présidente de la Fédération Marocaine des Technologies de l’Information, des Télécommunications et de l’Offshoring (Apebi, une fédération de la CGEM), Saloua Kakri Belkeziz, pas moins de «12 ingénieurs en informatique marocains sont recrutés par des entreprises étrangères tous les 15 jours».

Oxford Business Group félicite ainsi l’initiative prise par l’Apebi, qui a annoncé un nouveau programme de formation en TIC, en collaboration avec l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi et des Compétences (Anapec).

Pas plus tard qu'en janvier 2019, Saaïd Amzazi, ministre de l’Education Nationale avait évoqué ce chiffre: pas moins de 600 ingénieurs informaticiens quittent, chaque année, le Maroc pour le Canada, les Etats-Unis ou l’Europe. Trouvera-t-on une issue à cette fuite des cerveaux?

Par Oussama El Bakkali
Le 06/05/2019 à 08h38