Sahara: la viande de chameau rattrapée par la campagne «Laisse-le pourrir»

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Revue de presseKiosque360. Le prix de la viande de chameau a atteint des niveaux inhabituels dans les régions sahariennes. Le kilo est vendu entre 80 et 90 dirhams. En riposte, les associations locales ont lancé leur la campagne «Laisse-le pourrir».

Le 10/05/2019 à 22h21

Les villes du Sahara sont rattrapées par la cherté des produits alimentaires. Ce sont les viandes rouges, y compris de chameau, qui sont particulièrement affectées par cette vague. Au point que certaines associations ont appelé à une campagne de boycott sous les hashtag «Laisse-le chez toi» et «Laisse-le pourrir».

En effet, le kilo de viande de chameau est vendu à 80 dirhams, il atteint parfois même les 90 dirhams. Elle est proposée généralement à la vente dans des conditions non conformes, en l’absence de contrôle du circuit, de l’abattage à la vente, rapporte le quotidien Al Akhbar dans son édition du week-end des 11 et 12 mai. A ce prix, note le journal, la viande cameline, qui garnit d’habitude la table de chaque famille sahraouie, est devenue pratiquement hors de prix. Cela d’autant que tous les bouchers pratiquent les mêmes prix.

Un seul boucher a cassé cette entente, à Laâyoune, vendant le kilo de viande cameline à 60 dirhams, soit 20 dirhams de moins que le prix décidé par la corporation. Depuis, il se frotte les mains, son étal ne désemplit pas. Ce qui lui a valu des représailles de la part de ses confrères qui font circuler le bruit que la viande qu’il propose n’est pas conforme aux normes sanitaires d’usage et provient de l’abattage clandestin.

Il n’en reste pas moins que son geste a fait des émules. C’est ainsi qu’un autre boucher a décidé, à Guelmim cette fois, de pratiquer des prix largement en dessous du prix unitaire adopté par la profession. Il vend sa viande à 70 dirhams, soit 20 de moins que le prix fixé. Cela dit, souligne Al Akhbar, l’absence ou la rareté des opérations de contrôle des prix, initiées sur initiative des services économiques et des préfectures et provinces de la région, a encouragé la flambée des prix des produits alimentaires, dont les viandes rouges. Du coup, les prix ne dépendent plus de l’offre et de la demande, mais ils sont fixés selon des ententes conclues entre les commerçants.

Par Amyne Asmlal
Le 10/05/2019 à 22h21