Ce sont 85% des téléspectateurs marocains qui se disent insatisfaits des programmes diffusés par la télévision publique pendant le mois de Ramadan. Et 90% n’en peuvent plus de voir les mêmes visages meubler, année après année, les émissions pendant ce mois. Ce sont les résultats d’une enquête réalisée par l’Association marocaine des droits du téléspectateur, relayée par le quotidien Akhbar Al Yaoum dans son édition du week-end des 25 et 26 juin.
Selon cette enquête, les téléspectateurs se sont également plaints de retrouver les mêmes personnes (dont ils ont cité le nom) qui enchaînent les parutions dans les émissions et, immédiatement après, dans des spots publicitaires.
L’enquête qui a concerné un panel de 700 familles s’est également intéressée aux audiences des chaînes nationales. Celles-ci ne cessent de régresser au profit des chaînes étrangères, principalement auprès de la tranche des moins de 30 ans. En effet, seuls 5% des membres de cette tranche affirment regarder encore les chaînes nationales.
Selon le président de l’Association, cité par le journal, la responsabilité de cette médiocrité des programmes diffusés par la télévision nationale incombe au ministre de la Communication. Ce dernier , affirme ce responsable associatif, avait proms d’améliorer la qualité des émissions de la télé après avoir réalisé une enquête sur le degré de satisfaction des téléspectateurs et leurs attentes. Depuis, il n’en a rien été, ajoute le président de l'Association. Pire encore, les programmes diffusés pendant le mois de Ramadan de cette année sont une copie, encore plus médiocre, de ceux de l’année dernière, également largement critiqués.
Ainsi, cela fait quatre années que les cahiers de charge relatifs au paysage audiovisuel sont entrés en vigueur et, depuis cette date, déclare le responsable de l’association, «nous n’avons toujours pas de programmes de qualité qui respectent les goûts des téléspectateurs. Cela d’autant que la programmation des télés nationales ne respecte même pas, dans sa grande partie, les clauses de ces cahiers des charges.»
Par ailleurs, le marché médiatique marocain manque de concurrence et il est temps que d’autres chaînes de télévision privées voient le jour, estime pour sa part le secrétaire général de l’Association. Il rappelle en ce sens que le marché publicitaire marocain est classé premier au Maghreb et cinquième à l’échelle de la zone MENA, selon des statistiques publiées l’année dernière. Ce marché, affirme-t-il, est estimé actuellement à environ 398 millions d'euros.
Sur un tout autre registre, les responsables de l’Association se sont intéressés au contenu des messages publicitaires diffusés par les chaînes nationales. Ces messages, affirment-ils, sont souvent exagérés, voire mensongers. Ils appellent, en conséquence, à activer le rôle des Associations de protection des consommateurs pour leur permettre d’y regarder de plus près sur la nature et le contenu de ces messages.
L’Association et ses responsables n’ont pas manqué de souligner l’impact négatif sur les chaînes publiques et leur programmation du bras de fer engagé depuis le début du mandat de l’Exécutif entre le Chef de gouvernement et son ministre de la Communication, d’un côté, et les responsables des pôles audiovisuels publics, de l’autre.









