Entre les partisans, qui y voient un pas vers le durcissement du contrôle et de la répression des infractions environnementales, et les sceptiques qui remettent en cause l’utilité, l’efficacité et surtout l’applicabilité de ce concept, la police "verte" intrigue.
Selon le décret n°2-14-782 relatif à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de la police de l’environnement, cet organe se charge de la prévention, du contrôle, de l’inspection, de la recherche, de l’investigation, de la constatation des infractions et de la verbalisation, prévus par les dispositions des lois relatives à l’environnement.
Quid du sort de ces procès-verbaux et de la suite donnée à ces "affaires"? Les infractions constatées donnent-elles lieu à des poursuites pénales ou autres? Les dommages sont-ils réparés? Sur ce point, on reste sur notre faim.
"Malgré leur appellation, les policiers de l’environnement sont des fonctionnaires civils dont la vocation est de constater, de sensibiliser, de prévenir, d'anticiper et de dissuader plutôt que de réprimer ou de sanctionner", explique la secrétaire d’État chargée du Développement durable, Nezha El Ouafi.
Cela ne diminue en rien la valeur ou l’apport de cette nouvelle entité qui travaille en collaboration avec la police nationale, la Gendarmerie royale et le ministère de la Justice, pour constater les différentes infractions environnementales, notamment celles liées à la pollution atmosphérique et aux études d’impact avant la réalisation des projets.
Se déplaçant à bord de voitures noires et vertes, siglées en arabe et en français "police de l’environnement", les inspecteurs procèdent également à des contrôles dans les décharges, les stations d’épuration des eaux usées ainsi que dans les véhicules transportant des déchets dangereux.
Les brigades "vertes" ont du pain sur la planche
Pollution des cours d’eau et de l’air, pillage de sable, abattage des arbres, déchets chimiques et industriels jetés dans la nature, décharges anarchiques, braconnage... Les problématiques et les enjeux sont énormes. Ils impliquent plusieurs départements et organes gouvernementaux et non gouvernementaux, d’où la nécessité de coordonner les actions et de délimiter les compétences et les champs d’intervention des uns et des autres pour éviter toute cacophonie ou dispersion des efforts.
Face à l’immensité et la difficulté de la tâche, la question des équipements et de la logistique nécessaires à l'accomplissement de ce travail d’inspection se pose avec acuité. Pour couvrir les périmètres géographiques dont ils ont la charge, être présents partout où l’environnement est menacé et accomplir leur travail dans de bonnes conditions, les policiers de l’environnement devraient, bien entendu, être dotés de tous les moyens matériels et logistiques appropriés.
"En effet, c’est un concept qui reste à échafauder. Pour ce faire, des réunions de concertation seront tenues avec différentes parties prenantes afin de trouver un modus operandi, une vision commune sur les prérogatives et les modalités d’action de cette entité ainsi que les moyens à mettre à sa disposition pour qu’elle puisse mener à bien les missions qui lui sont confiées", souligne Nezha El Ouafi.
Grosso modo, poursuit-elle, "le premier bilan est plutôt positif. Les brigades de l’environnement mises en place sont actives, vont sur le terrain, dressent des PV et sont de plus en plus connues des gens".
Toutefois, en matière d’information et de sensibilisation au travail et au rôle de la police de l’environnement, beaucoup reste à faire. Peu visibles sur le terrain et dans les médias, ces agents de l’environnement risquent dans un premier temps de ne pas être pris au sérieux par les contrevenants et les citoyens lambda.




