Parlement: fraqchia et mouton de l’Aïd font interrompre la séance des questions orales 

Le 4ème vice-président du groupe USFP et président de la séance des questions orales (à gauche), Driss Chtibi et Mustapha Ibrahimi, du PJD.

Le 18/05/2026 à 17h15

VidéoLa séance des questions orales consacrée aux préparatifs de l’Aïd Al-Adha a été marquée, lundi à la Chambre des représentants, par de fortes tensions entre élus de l’USFP et du PJD. Des déclarations du président de séance visant le parti islamiste ont provoqué une polémique qui a conduit à l’interruption temporaire des travaux parlementaires.

Une vive passe d’armes entre un membre de la présidence de la Chambre des représentants et un député du Parti de la justice et du développement (PJD) a conduit, ce lundi 18 mai, à la suspension de la séance des questions orales consacrée aux préparatifs de l’Aïd Al-Adha, prévu le 27 mai prochain.

L’incident a opposé Driss Chtibi, quatrième vice-président du groupe parlementaire de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), qui présidait la séance, au député du PJD Mustapha Ibrahimi.

Le climat s’est fortement tendu lorsque Driss Chtibi a qualifié le PJD de «parti chiite soutenant l’Iran, à la pensée unique comme un parti communiste». Une déclaration qui a immédiatement provoqué une vive protestation des élus du parti islamiste.

Mustapha Ibrahimi a dénoncé des propos qu’il juge «inadmissibles» et a exigé que le qualificatif de «chiite» ne figure pas dans le procès-verbal officiel de la séance. «Le PJD n’est pas chiite et cette qualification doit être supprimée du rapport», a insisté le député en s’adressant à la présidence de séance.

L’échange verbal, particulièrement tendu, a duré plus d’une demi-heure, entraînant une interruption temporaire des travaux parlementaires.

La polémique a éclaté dans le sillage des discussions portant sur l’offre nationale en ovins à l’approche de l’Aïd Al-Adha. Intervenant devant les députés, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, a assuré que les marchés nationaux disposent d’une offre estimée à près de neuf millions de têtes, à des prix qu’il a qualifiés d’«abordables».

Réagissant aux critiques des parlementaires concernant la flambée des prix attribuée aux «fraqchiya» — terme populaire désignant les intermédiaires et spéculateurs actifs sur les marchés à bestiaux — le ministre a déclaré avec ironie: «Quant aux fraqchiya, je ne sais pas où les trouver».

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 18/05/2026 à 17h15