Grèves dans les ports de pêche: les industriels fustigent les armateurs

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Le mouvement de grève lancé par les armateurs de la pêche industrielle dans les ports au Sud du Maroc, depuis le début de l'année, est décrié par les industriels de la transformation des produits de la mer. Ils se fendent d'un communiqué dont voici les enjeux.

Le 15/01/2017 à 19h30

Les industriels de la transformation et de la valorisation des produits de la mer sont mécontents et les différentes associations du secteur, regroupées au sein de la Fédération des industries de transformation et de valorisation des produits de la pêche (FENIP), le font savoir.

Les industriels rejettent une revendication du Syndicat professionnel des armateurs de la pêche industrielle d’Agadir qui demande l’augmentation des prix du poisson industriel.

Pour appuyer leur requête, les bateaux de pêche sont en grève depuis le 7 janvier dernier, dans les ports d’Agadir, Tan-Tan, Laâyoune, Boujdour et Dakhla.

La fédération des industriels a ainsi diffusé un communiqué dans lequel il est fait état des décisions prises durant une réunion qui s'est tenue le 12 janvier à Laâyoune. L’heure est grave car les deux tiers des unités de transformation, sur les 414 établissements industriels, se trouvent au sud d’Agadir.

En somme, les industriels rejettent l'idée de revenir sur les prix auxquels ils achètent le poisson auprès des armateurs. Et ils affirment qu’au contraire «une diminution du prix du poisson industriel est totalement justifiée compte tenu de la conjoncture internationale marquée par la baisse des prix des produits transformés». Ils avancent comme argument la concurrence rencontrée sur le marché européen.

Ils ajoutent que les armateurs ont déjà bénéficié de «baisses substantielles sur les prix du gasoil durant ces quatre dernières années», sans que celles-ci ne se soient répercutées sur les prix de vente du poissson.

Ils en profitent pour lister les contraintes de leur secteur d’activité et les financements investis dans la mise à niveau des unités de transformation.

La FENIP propose même des solutions. A court terme, les industriels suggèrent «l’augmentation du quota de Dakhla de 2.000 à 3.000 tonnes en spécifiant les quotas par espèces et en fonction des saisons afin d’éviter les rejets en mer».

A noter que le ministère de tutelle, celui de l'Agriculture et de la pêche maritime, n'a toujours pas organisé de rencontre avec les professionnels pour travailler sur ce dossier.

Par Imane Azmi
Le 15/01/2017 à 19h30