Appels à une commission d’enquête sur la gestion de l’ONP

 Amina Figuigui, DG de l'Office nationale de la pêche et présidente de l'association du salon Halieutis.

Amina Figuigui, Directrice Générale de l'Office National des Pêches (ONP). Brahim Taougar Le360

Revue de presseL’Office national des pêches est au cœur d’une vive tempête politique et sectorielle. Alors que le groupe socialiste à la Chambre des représentants réclame une commission d’enquête parlementaire sur la gestion des marchés de gros de poisson de Fès et de Nador, la direction générale, sous la houlette d’Amina Figuigui, essuie de virulentes critiques. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 18/06/2026 à 19h47

Les dysfonctionnements présumés au sein de l’Office national des pêches maritimes ont franchi les portes du Parlement. Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, le groupe socialiste a officiellement réclamé la création d’une commission d’enquête parlementaire pour faire la lumière sur la gestion de cet établissement public, en particulier en ce qui concerne l’administration des marchés de gros de poisson.

«Le député Mohamed Aberkane a insisté sur la nécessité d’examiner de près la situation, pointant du doigt les dossiers sensibles des marchés de Fès et de Nador et soulevant des interrogations majeures sur le respect des règles de gouvernance et des procédures légales», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du vendredi 19 juin.

La gestion des projets de Fès et de Nador suscite une vive controverse. Selon des sources professionnelles, un arrêt de la Cour d’appel ordonnant la suspension des travaux n’aurait pas été respecté de manière adéquate, ce qui jette le doute sur le respect, par la direction de l’Office, des décisions de la justice. De plus, un appel à manifestation d’intérêt concernant ces deux marchés a été annulé en première instance par le tribunal en raison de vices de forme majeurs. «Malgré la gravité de cette affaire liée à des investissements publics vitaux, le dossier demeure largement opaque aux yeux de l’opinion publique», note Al Akhbar.

La direction générale de l’Office, assurée par Amina Figuigui, se trouve au centre de critiques de plus en plus vives, dans l’attente de la publication du rapport de la Cour des comptes. Ce document est censé évaluer la gouvernance globale, l’attribution des marchés publics, la gestion des bons de commande, les frais de réception et de formation, ainsi que les relations avec les partenaires et les prestataires. Plusieurs intervenants, notamment des entrepreneurs et des bureaux d’études, déplorent des retards de paiement récurrents et un manque de transparence, une situation qui a récemment conduit à l’organisation de sit-in de protestation devant le siège de l’institution.

Dans ce climat de tension, un séminaire réunissant plusieurs directeurs de l’Office dans un hôtel de luxe à Essaouira, pendant quatre jours, a suscité une vive indignation en interne. «Organisé sous couvert de formation et d’encadrement, cet événement est jugé particulièrement opportuniste et dispendieux au vu des difficultés financières et opérationnelles que traverse le secteur», assure Al Akhbar.

Face à cette accumulation de griefs, les députés de la majorité comme de l’opposition ont tiré la sonnette d’alarme lors des débats sur le rapport annuel de la Cour des comptes. Ils ont pressé le gouvernement d’intervenir d’urgence afin de restructurer et de moderniser cet office stratégique fondé en 1969. Les parlementaires réclament un audit global et approfondi de l’institution afin d’optimiser ses performances, de garantir une gestion durable des ressources halieutiques, d’assurer la sécurité sanitaire des produits de la mer et de soutenir efficacement la modernisation de la flotte de pêche côtière et artisanale.

Par La Rédaction
Le 18/06/2026 à 19h47