Peinture en bâtiment: tickets à gratter, points de fidélité, QR Code... Le coup de balai de MHE, qui met fin aux jetons

Moulay Hafid Elalamy, ministre de l'Industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique. . DR

Lors d’une réunion avec le ministre de tutelle, Moulay Hafid Elalamy, ce lundi 22 mars à Rabat, les professionnels et fabricants de peinture de bâtiment ont été informés de la mesure interdisant la pratique des jetons.

Le 22/03/2021 à 12h36

Le ministère de l’Industrie et du commerce a interdit catégoriquement la pratique du jeton sous toutes ses formes (tickets, tickets à gratter, points de fidélité, cartes de fidélité, carte à points, applications informatiques, QR code…), ainsi que tout programme d’intéressement ou fidélité lié à la vente de la peinture, qu’il soit destiné au peintre, au revendeur ou autres, et ce quelle qu’en soit la forme, souligne le ministère dans un communiqué.

Les professionnels et fabricants de peinture de bâtiment disposent d’un délai allant jusqu’au 30 avril 2021 pour retirer du marché tout type de jeton de façon définitive, poursuit la même source. En parallèle, le ministère met en place un dispositif de contrôle déployé au niveau des usines, des circuits de distribution et à l’import pour veiller au respect de l’arrêt de cette pratique.

«Il est inadmissible que ce genre de pratique continue de sévir sur le marché national au nom de la concurrence. Cette pratique conduisant au renchérissement du prix se fait au détriment du citoyen, en violation des lois en vigueur de la protection du consommateur, de la liberté des prix et de la concurrence », a affirmé Elalamy.

Cette pratique, consistant à échanger un jeton ou ticket introduit dans le pot de peinture contre une somme égale au nombre de points qu’il contient et dont la valeur peut dépasser 100 dirhams, bénéficie uniquement à l’artisan peintre, puisque le prix (du pot) est supporté en sa totalité par le consommateur.

Cette interdiction, qui s’inscrit dans le cadre des mesures édictées par la loi n° 31-08 pour la protection du consommateur et de la liberté des prix et de la concurrence, a fait l’objet d’un avis public émis par le ministère, ce lundi 22 mars 2021.

Cette pratique est, par ailleurs, incriminée par le code pénal marocain stipulant dans son article 339 que «la fabrication, l'émission, la distribution, la vente ou l'introduction sur le territoire du Royaume de signes monétaires ayant pour objet de suppléer ou de remplacer les monnaies ayant cours légal est punie de l'emprisonnement d'un à cinq ans et d'une amende de 500 à 20.000 dirhams», rappelle le communiqué du ministère de l’Industrie et du commerce.

Par Ayoub Khattabi
Le 22/03/2021 à 12h36