Maroc: le redressement économique se confirme, "contre vents et… pandémie", selon BKGR

Plus de 15 mois après le déclenchement de la crise sanitaire au Maroc, la reprise économique semble, enfin, au rendez-vous.

Plus de 15 mois après le déclenchement de la crise sanitaire au Maroc, la reprise économique semble, enfin, au rendez-vous. . DR

BMCE Capital Global Research (BKGR) a affirmé dans son dernier document intitulé "Strategy" que la reprise de l'économie nationale se confirme, comme en atteste l'activité durant le 2e trimestre de 2021.

Le 24/08/2021 à 19h00

Le Maroc fait toujours preuve d"'une forte capacité" d’adaptation à l'évolution de la pandémie en dépit de la propagation à grande vitesse de la souche Delta, parvenant toujours à bien gérer la situation. Le durcissement récent des restrictions sanitaires vise ainsi à préserver les acquis, notamment sur le plan économique, indique les analystes de BKGR.

Parallèlement, ajoutent-ils, la vaccination de la population s'accélère grâce à la régularité des approvisionnements en vaccins, laissant espérer "l'atteinte de l'immunité collective plus tôt que prévu".

Dans ces conditions, le rétablissement de l'économie se poursuit comme en atteste l'activité qui s'est accrue au deuxième trimestre de 12,6%, portée par le rebond de la valeur ajoutée agricole de 19,3% et de celle non agricole de 11,7%, précise BKGR.

Effet positif de la campagne agricoleComme attendu, le bon comportement de la campagne agricole, qui s'est soldée par une production record estimée à plus de 103 millions de quintaux (MQX) a eu "un effet positif" sur le marché de travail national avec la création d'environ 318.000 emplois au T2 en glissement annuel, fait remarquer la même source.

La hausse du taux de chômage de 0,5 pt à 12,8% s'explique, quant à elle, par l'élargissement de la population active en accroissement de 4,5%, explique BKGR.

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Dans ce sillage et sur fond de l'amélioration de la demande intérieure et du retour de l'optimisme des ménages et des entreprises qui en découle, le Haut-Commissariat au Plan (HCP) a dévoilé ses projections pour l'année 2021 qui tablent globalement sur une croissance économique de 5,8%, laquelle demeure conditionnée par l'amélioration de situation sanitaire d'ici la fin de l'année.

Du mieux pour les recettes fiscalesCette orientation de l'économie nationale transparaît au niveau des finances publiques avec un déficit budgétaire en atténuation au terme du premier semestre de -4,5% comparativement à la même période de l'année précédente, relève BKGR. Cela n'aurait assurément pas été possible sans la résilience des recettes fiscales, notamment celles de l'impôt sur le revenu (IR) et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) qui ont augmenté de 14,3% à 24,3 milliards de dirhams et de 19,5% à 35,7 milliards de dirhams respectivement.

Pour financer son déficit, l'argentier du Royaume compte toujours sur le marché de la dette interne sur lequel il a levé près de 73,4 milliards de dirhams, en baisse de 14,5%, profitant notamment de l'impact des tirages importants effectués fin 2020 tant au niveau national qu'à l'international (émission d'un euro bonds de 3 milliards de dollars en décembre). Dans ces conditions la courbe obligataire est restée globalement stable au cours du premier semestre, note la même source.

S'agissant des échanges extérieurs, le déficit commercial s'est creusé à fin juin de 13% à 97,4 milliards de dirhams, sous l'effet de la reprise des importations de 19,5% à 250,3 milliards de dirhams, soutenues principalement par la reprise des achats de produits finis de consommation de 36% et de biens d'équipements de 11,5%.

Pour leur part, les exportations nationales ont confirmé leur redressement en enregistrant une augmentation de 24% à 152,9 milliards de dirhams. Cette bonne orientation est essentiellement liée aux expéditions de l'industrie automobile et de celle des phosphates qui se sont hissées de 42,8% à 42,3 milliards de dirhams et de 23,8% à 31 milliards de dirhams.

Absence de pressions inflationnistesSur le front de l'inflation, l'indice des prix à la consommation a décéléré de -0,7% au cours du mois de juin par rapport à un mois auparavant, fait observer BKGR.

"Ceci revient à dire que l'économie nationale est jusqu'ici, épargnée par les pressions inflationnistes qui ont été observées dans plusieurs pays du monde, ce qui appuie davantage les décisions de Bank Al-Maghrib de reconduire sa politique monétaire accommodante afin de stimuler l'économie", estime BKGR.

Par Khalil Ibrahimi
Le 24/08/2021 à 19h00