Selon la 30e édition du World Wealth Report de Capgemini Research Institute, publiée le 4 juin 2026, le Maroc se distingue à l’échelle africaine par la plus forte croissance de sa population de particuliers fortunés en 2025. «Le nombre de millionnaires y a progressé de 16,8%, une performance qui surpasse celle des autres nations du continent et qui s’explique en partie par la diversification de son secteur extractif ainsi que par le dynamisme de ses secteurs exportateurs et de son entrepreneuriat», rapporte le quotidien Les Inspirations Eco du 10 juin.
Cette hausse rapide de la base des millionnaires marocains s’inscrit en léger décalage avec la tendance générale du continent africain, où la croissance globale de la richesse s’avère plus rapide que l’augmentation du nombre de possesseurs de capitaux.
Le pays compte également plusieurs grandes fortunes de premier plan, confirmées par la liste Forbes des milliardaires de 2026, dont la fortune cumulée dépasse 4,7 milliards de dollars. Face à cette expansion, le secteur local de la gestion de patrimoine est confronté au défi de moderniser ses structures pour retenir ces capitaux face à la concurrence des places financières internationales.
À l’échelle internationale, le rapport fait état d’une hausse significative de la richesse globale. La population mondiale des particuliers disposant d’au moins un million de dollars d’actifs investissables a augmenté de près de deux millions de personnes pour atteindre 25,3 millions d’individus, tandis que leur patrimoine cumulé s’élève à un record de 98.300 milliards de dollars. «Cette progression de 8,7% de la richesse mondiale constitue la plus forte hausse annuelle depuis 2018», souligne Les Inspirations Eco.
Ce dynamisme a été principalement soutenu par la performance des marchés actions, stimulés notamment par les perspectives liées à l’intelligence artificielle. Les actions représentent désormais 25% des portefeuilles de ces investisseurs, suivies par les obligations à hauteur de 20%, alors que la part des investissements alternatifs a reculé à 12%. La concentration de la richesse demeure marquée: la catégorie des ultra-riches détenant plus de 30 millions de dollars a progressé de 9,4%, et le premier centile des millionnaires concentre à lui seul 34,8% de la richesse totale.
Sur le plan sectoriel, l’industrie de la gestion de fortune traverse une période de transformation et de remise en question. Entre 2022 et 2025, environ 1.500 milliards de dollars d’actifs ont été captés par de nouveaux acteurs tels que les family offices, les WealthTechs et les plateformes de conseil robotisé. Le taux de clients fidèles à un seul établissement est passé de 39% en 2019 à 19% en 2025, principalement en raison d’un accès jugé insuffisant aux investissements alternatifs et d’un manque de personnalisation dans le conseil.
Seuls 17% des clients se déclarent satisfaits de la fluidité de leur parcours de conseil. Pour l’Afrique, qui affiche une croissance de 7% de la richesse de ses particuliers fortunés et se classe au troisième rang mondial derrière l’Asie-Pacifique et l’Europe, l’enjeu réside dans l’adoption de technologies d’intelligence augmentée. Selon les conclusions du rapport, l’intégration de ces outils est devenue nécessaire pour optimiser l’efficacité opérationnelle des conseillers et répondre aux exigences de conseil personnalisé et patrimonial des nouvelles générations de clients.




