Hausse du dollar, Ukraine: la facture risque d'être lourde

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Revue de presseKiosque360. C'est mécanique, les fluctuations du dollar et de l’euro ont un effet immédiat sur les importations marocaines. A commencer par les produits pétroliers, les céréales et les intrants industriels. Le déficit de la balance commerciale risque une grosse aggravation. Cet article est une revue de presse tirée du journal Les Inspirations ECO.

Le 21/04/2022 à 22h43

Les entreprises qui n’étaient pas encore convaincues de l’intérêt de souscrire aux couvertures contre le risque de change et la variation du cours des matières premières doivent l'envisager face à "la tempête qui s’abat actuellement sur les marchés des céréales et des intrants industriels (aluminium, acier...)".

Dans son édition du jour, Les Inspirations ECO annonce qu'en plus de la flambée entraînée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie s'ajoute l’appréciation du dollar face à l’euro. Ce qui accentue la pression à la hausse sur les prix des produits de base dont les transactions s’effectuent en billet vert. "Mécaniquement, le dirham dont le panier de cotation est à 60% euro et 40% dollar, recule face au billet vert", explique le quotidien qui relève que jeudi 21 avril, en début d’après-midi, un dollar valait 9,80250 dirhams au comptant. Le pire est qu'il "apparaît que la tendance (à la baisse du dirham) devrait se poursuivre "tant il est impossible de prédire la fin de la guerre en Ukraine".

Et ce sont les industriels et les importateurs de céréales et de produits pétroliers qui sont le plus touchés même si, comme l'assure le quotidien, "tous les opérateurs sont pris en tenailles entre la flambée des cours des matières premières et un dollar fort". Il parle de "promoteurs immobiliers aux abois face à la hausse des prix des matériaux de construction". Alors que "les industriels des huiles alimentaires en sont à s’interroger sur le niveau de hausse de prix supportable par le consommateur tant leurs intrants (tournesol, colza) atteignent des sommets sur le marché international". Pour les importateurs de blé, "la digue des subventions ne suffira pas à compenser la totalité des pertes".

Les Inspirations ECO estime que l'effet est immédiat sur le solde de la balance commerciale et les réserves de change. "Un dollar de plus sur le baril de pétrole entraîne une dépense de 500 millions de dirhams supplémentaires dans la balance commerciale et quelques dizaines de millions de dirhams sur le service de la dette libellée en dollar", calcule-t-il sans exclure le fait que "le déficit de la balance commerciale pourrait battre tous les records cette année". De quoi accentuer la pression sur les réserves de change.

Par Rachid Al Arbi
Le 21/04/2022 à 22h43