Faut-il nourrir des craintes pour les exportations marocaines, cette année?

Un porte-conteneurs, qui mouille au large d'un port.

Revue de presseLes perspectives de croissance, en berne pour l’Espagne, la France et l’Italie en 2024, pourraient avoir un impact significatif sur l’économie du Maroc, selon la direction des études économiques du groupe Crédit Agricole. Une revue de presse issue du Matin du Sahara et du Maghreb.

Le 30/01/2024 à 21h50

La croissance, caractérisée par une certaine dépression parmi les principaux partenaires européens, devrait impacter l’activité économique au Maroc en 2024, indique la direction des études économiques du groupe français Crédit Agricole, citée par Le Matin du Sahara et du Maghreb.

Les prévisions de croissance du PIB en Espagne, en France et en Italie sont en assez forte contraction, une situation qui devrait peser sur les exportations marocaines.

Alors que la France n’a connu une hausse du PIB d’à peine 0,9% en 2023 et de 1% en 2024 et, concernant l’Italie, une hausse de 0,7% et 0,6%, l’Espagne devrait, quant à elle, bénéficier d’une année 2023 plutôt meilleure, son PIB se portant à 2,4%. Mais celui-ci décélèrerait, pour se porter à 1,6% en 2024.

«Pour le Maroc, le commerce international des biens avec ses partenaires du sud de l’Europe est très important, puisqu’ils absorbent à eux trois 43,3% des exportations du pays. Le premier marché est l’Espagne, qui représente 19,6% du total des exportations, puis vient la France avec 19,1%, et enfin l’Italie à 4,5%», précise une note d’information qui vient d’être publiée par la direction des études économiques du Groupe Crédit agricole.

Selon ses experts, l’impact d’une performance économique quelque peu déprimée en Europe du Sud pourrait donc se répercuter sur les volumes d’exportation du pays.

«Le Maroc exporte principalement des automobiles, des produits électriques et électroniques et du matériel aéronautique en France et en Espagne, et plutôt des vêtements et des produits de grande consommation en Italie. Des exportations par ailleurs assez diversifiées», indique cette note.

La croissance des exportations vers ces principaux partenaires a été plutôt soutenue en 2021 (+22%), illustrant le rebond post-Covid, ainsi qu’en 2022 (+7,6%), compte tenu de l’industrialisation progressive du pays. En 2023, les exportations en valeur continuent de croître vers ces trois marchés.

Selon les estimations des économistes du groupe Crédit Agricole, les exportations marocaines vers l’Espagne et la France devraient atteindre des montants record.

L’Espagne demeure le premier client du Maroc avec environ 8 milliards de dollars de ventes marocaines, devant la France (près de 7,8 milliards de dollars).

Les exportations du Royaume vers l’Italie se renforceraient, elles, à environ 2 milliards de dollars.

Cette performance du Maroc s’explique notamment par la poursuite de la montée en charge de l’industrie automobile qui progresse de 30% sur les onze premiers mois de l’année.

«Cette industrie est assez résistante à la volatilité d’autres exports», explique Le Matin du Sahara et du Maghreb.

Cependant, pour 2024, au regard de la croissance caractérisée par une certaine déprime dans ces pays partenaires, il est probable que les exportations vers l’Europe décélèrent, «mais elles devraient rester en hausse, compte tenu de ce facteur de résilience».

Par Nabil Ouzzane
Le 30/01/2024 à 21h50