Ces milliards de bénéfices qu’emportent les multinationales

Dividendes. DR

Revue de presseEn 2021, plus de 14,5 milliards de dirhams ont ainsi été transférés sous forme de dividendes depuis les filiales des multinationales au Maroc aux maisons mères. Un noyau dur de sociétés comme Maroc Telecom concentre le gros de ce montant. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 07/02/2023 à 22h40

C’est une règle économique et elle fait partie du jeu: plus le Maroc attire les investissements directs étrangers (IDE), plus les transferts de dividendes à l’étranger augmentent. Mais quand on sait qu’en 2021, ces transferts se sont établis à 14,5 milliards de dirhams, il y a de quoi se poser plus d’une question.

Dans son édition du mercredi 8 février, le quotidien Les Inspirations Eco explique que ces transferts sont le fait d’un «noyau» de sociétés comme Maroc Telecom, Lydec, Veolia ou encore Taqa Maroc, concessionnaire de la production d’électricité à Jorf Lasfar. «Cela signifie que pour la plupart de ces entreprises, la politique de dividendes consiste à transférer l’essentiel du bénéfice net à l’actionnaire de référence. Les assemblées générales ordinaires, prévues en mai prochain, ne devraient pas s’écarter de cette doctrine», lit-on.

A lui seul, l’opérateur Maroc Télécom versait en moyenne chaque année, entre 300 et 400 millions de dollars à Etisalat, son actionnaire de référence. Ce montant pouvait atteindre plus de 700 millions de dollars. «Sur ce plan, rien n’a changé depuis l’époque de Vivendi», note le quotidien.

Dans le même sens, Lydec et Veolia remontent quasiment l’essentiel de leurs bénéfices à leurs maisons-mères. Comme souvent chez les «multinationales», à ces dividendes se greffe une pléiade de rémunérations en devises au titre de prestations d’assistance technique. «Ces prestations, très surveillées par l’Office des changes, se chiffrent en centaines de millions de dirhams tous les ans. Ce poste générait tellement de contentieux qu’il a fallu élaborer une grille tarifaire pour ces sociétés délégataires», précise Les Inspirations Eco.

Dans le secteur financier, Sanlam, Axa Assurance, BMCI et Allianz pratiquent la même politique de dividendes. Dans la balance des transactions courantes, le poids des dépenses adossées aux IDE rend structurellement déficitaire le compte des revenus primaires, celui qui retrace les revenus du travail et du capital. «Ce déficit s’élevait à 18,2 milliards de dirhams en 2021 contre 11,5 milliards en 2020, une année marquée par la paralysie de l’activité économique durant le confinement», lit-on encore.

Si les dividendes remontent quasiment en totalité vers les maisons-mères, «c’est qu’il persiste un trou dans la raquette de la stratégie marketing des IDE». La faible part des bénéfices réinvestis par les filiales des multinationales sur place dans le Royaume devrait ouvrir des pistes de travail aux autorités. En 2021, les bénéfices réinvestis ont représenté 7,6% du flux net total des IDE au Maroc en 2021.

Par Nabil Ouzzane
Le 07/02/2023 à 22h40