Service sanitaire obligatoire: des étudiants grévistes mais créatifs

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La tension monte entre le gouvernement et les étudiants en médecine. Pour attirer l'attention sur leur situation, ces derniers ont riposté en lançant une campagne de communication "choc" sur les réseaux sociaux.

Le 27/10/2015 à 20h40

Après avoir défilé en vendeurs de mouchoirs en papier pour protester contre le montant de la bourse attribuée au service sanitaire obligatoire (1.320 dirhams par mois), les étudiants reviennent avec une campagne de communication pour le moins percutante et originale, afin d’attirer l’attention sur leur situation.

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses affiches en noir et blanc tachetés de rouge font le tour de la Toile depuis quelques heures. Sous le hashtag "Makaynch m3amen" et "FMPR" (Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat), les étudiants ont choisi de détourner plusieurs spécialités de la médecine, en les accompagnant de slogans percutants : «J’aurai voulu être psychiatre mais comment faire face à un système de santé schizophrène» ou encore «J’aurai voulu être ORL mais le gouvernement me fait la sourde oreille», ...

Pour rappel, depuis un mois et demi, les étudiants de la Faculté de médecine et de pharmacie de Rabat boycottent les bancs de l’université en protestation contre le service sanitaire obligatoire, une mesure de tutelle qui contraint les nouveaux médecins diplômés à exercer dans des régions enclavées pendant deux ans. Le 22 octobre, les éléments des forces de l'ordre ont investi l’enceinte de la faculté de médecine de Rabat pour disperser un sit-in organisé par les étudiants. Quatre d'entre eux ont été arrêtés avant d’être relâchés, quelques heures plus tard. 

Pour leur part, les départements de Lhoussaine Louardi et de Lahcen Daoudi semblent vouloir renouer le dialogue. Dans un communiqué paru le lundi 26 octobre, les ministres déclarent être "entièrement disposés à poursuivre un dialogue responsable et productif avec toutes les parties prenantes et notamment les représentants des étudiants et médecins résidents, jusqu’à arriver à un consensus au sujet du service sanitaire obligatoire". Et d’annoncer "la création d’une commission mixte de suivi avec les représentants des étudiants et médecines et des résidents". Concernant les "autres points contenus dans le projet du service sanitaire obligatoire, la porte restera ouverte au dialogue jusqu’à trouver un consensus", conclut le communiqué.

Par Rania Laabid
Le 27/10/2015 à 20h40