Rabat: mais que va devenir l’ancienne gare routière d'Al Kamra, désormais désaffectée?

Des autocars stationnés dans le parking de la gare routière d'El Kamra, désaffectée depuis le 1er décembre 2022, ici à une période où cet édifice était encore opérationnel. 

Des autocars stationnés dans le parking de la gare routière d'El Kamra, désaffectée depuis le 1er décembre 2022, ici à une période où cet édifice était encore opérationnel.  . Le360

La capitale du Royaume a désormais sa nouvelle gare routière, à l'architecture nettement plus esthétique et moderne, et dont le fonctionnement répond aux meilleures normes. Des questionnements restent cependant en suspens, sur le sort qui sera dévolu à cet ancien édifice qu'est la gare d'Al Kamra. Quelques éléments de réponse.

Le 05/12/2022 à 12h29

Depuis le jeudi 1er décembre dernier, ceux qui voyagent en car depuis (et en direction de) Rabat ont été très surpris de leur départ ou de leur débarquement dans la nouvelle gare routière de la capitale, moderne et flambant neuve. Une nouvelle source de fierté pour la capitale du Royaume, «Rabat, Ville lumière, Capitale marocaine de la culture». Mais des interrogations subsistent sur le sort qui sera réservé à l’ancienne gare routière d'Al Kamra, chargée d’histoire, aussi bien pour les R’batis que pour tous les Marocains.

Mais va donc devenir celle que des milliers d’usagers, surtout les étudiants du quartier universitaire Al Irfane, surnommaient «El 'assara d’limoune» («le presse-agrumes»)?

Le360 a interrogé plusieurs interlocuteurs, mais aucune réponse précise n'a pu être donnée. Toutefois, quelques éléments ont pu être glanés. 

«Il est assez prématuré de parler du sort d’Al Kamra, mais soyons-en sûrs, il est hors de question que cette ancienne gare routière cède la place à un complexe résidentiel ou à un ensemble de kissarias», a répondu cet interlocuteur, proche de la mairie de Rabat. Vous voilà donc rassuré, en partie, sur le sort de ce site, qui se trouvait autrefois à la périphérie de Rabat, et qui a fini par devenir pratiquement localisé en son centre.

Les jeunes d’abord«Nous n’avons pas encore de visibilité concernant le site de l’ancienne gare routière, mais le principe qui guidera tout futur projet est qu’il sera au service des jeunes. Il n’en sera pas autrement», explique un interlocuteur, source autorisée au conseil de la Ville de Rabat.

Parmi les pistes retenues, le projet d’une pépinière de start-ups, mais aussi un grand complexe sportif dédié aux jeunes, ou encore un centre culturel, explique ce même interlocuteur.

Ce qui prévaudra à ces choix, ce sera avant tout le fait que tout éventuel futur projet se devra d'être en harmonie avec l’ensemble des chantiers structurants de la capitale.

Pour le financement, là aussi tout dépendra de la nature du projet retenu et des partenaires qui pourraient entrer en jeu, en l’occurrence le ministère de la Jeunesse, le département en charge de la Culture, voire celui sous la tutelle duquel les Sports sont placés.

Et légalement?Légalement, la décision finale reviendra au Conseil de la ville, que préside Asmaa Rhlalou (RNI, majorité).

Une session extraordinaire du conseil va se tenir dans les tous prochains jours. «L’ancien [édifice] pourra être détruit, parce qu’il ne s’agit pas d’un monument historique ou d’un patrimoine urbanistique à proprement parler», affirment plusieurs sources au Conseil de la ville de Rabat, que Le360 a interrogées. 

Et qu’en sera-t-il pour les dizaines de commerces aux alentours de cette gare routière, désormais désaffectée?

«Des appels d’offres seront incessamment lancés pour une quarantaine de commerces dans la nouvelle gare, mais avec des cahiers des charges très stricts», répond une source au conseil de la Ville de Rabat. 

«On n’a pas dépensé des centaines de millions de dirhams pour nous retrouver avec «moul tayeb ou hari» (un vendeur à la sauvette de pois chiches et de fèves, cuits à la vapeur, avec une pincée de sel et de cumin, Ndlr) dans les parages», poursuit cet interlocuteur. 

Par Mohammed Boudarham
Le 05/12/2022 à 12h29