La Femen tunisienne remet ça !

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Alors qu’elle vient d’être libérée, il y a deux semaines, en attendant son jugement pour profanation de cimetière, Amina Sboui, la Femen tunisienne, n’aura pas attendu longtemps pour refaire parler d’elle.

Le 16/08/2013 à 12h40, mis à jour le 16/08/2013 à 21h19

Alors qu’elle vient d’être libérée, il y a deux semaines, en attendant son jugement pour profanation de cimetière, Amina Sboui, la Femen tunisienne, n’aura pas attendu longtemps pour refaire parler d’elle. Jeudi, la jeune femme est sortie de ses 15 jours de mutisme pour publier une nouvelle photo choc où elle apparaît dénudée, exhibant cette inscription sur sa peau : "We don’t need your democraty", "Nous n’avons pas besoin de votre démocratie", interpellant "le modèle erroné de la démocratie des islamistes en Tunisie", explique le mouvement Femen sur son site internet.

Amina Sboui avait publié sa première photo sur les réseaux sociaux le 1er mars 2013, photo qui avait fait scandale et lui avait attiré les foudres des islamistes. Des menaces de mort avaient alors été proférées contre la jeune femme qui, sur ce 1er cliché, revendiquait par ces mots son droit de disposer de son corps : "Mon corps m’appartient ; il n’est l’honneur de personne", pouvait-on en effet lire sur elle. La jeune femme avait ensuite disparu pendant trois semaines durant lesquelles sa famille l’a emmenée à Fairouan pour l’éloigner, en attendant qu’Amina se fasse oublier. A propos de cette période d’isolement, la militante affirme d’ailleurs avoir été séquestrée et maltraitée par sa famille.

Amina persiste et signeLe 19 mai 2013, Amina Sboui commet l’acte pour lequel elle attend aujourd’hui d’être jugée : profitant du rassemblement à Kairouan du congrès de l’organisation salafiste "Ansar Al Charia", elle tague, en signe d’opposition au mouvement salafiste, le mot « Femen » sur le mur du cimetière où devait se tenir la réunion. Elle devra alors répondre de plusieurs chefs d’inculpation, dont détente illégale d’aérosol, profanation de cimetière, et atteinte à la pudeur. Emprisonnée, elle sera, suite à une altercation dans les locaux du pénitencier, accusée d’outrage à gardien de prison. Le 29 juillet, elle sera acquittée pour ce dernier chef d’inculpation avant d’être libérée, le 1er août.Alors qu’elle n’avait plus à répondre devant le tribunal que d’un seul et unique chef d’inculpation finalement retenu, à savoir celui concernant la profanation du cimetière, voilà que la jeune militante revient sur le devant de la scène en prenant le risque de voir se multiplier les charges contre elle avant sa prochaine audience. 

Par Bouthaina Azami
Le 16/08/2013 à 12h40, mis à jour le 16/08/2013 à 21h19