Rabat: un président de commune devant la justice à cause de… Stati

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Revue de presseKiosque360. Le président de la commune d’«Al Haouafate», dans la province de Sidi Kacem, devra comparaître, le 20 janvier, devant la Cour d’appel de Rabat pour fraude et dilapidation des deniers publics. C’est le chanteur populaire Abdelaziz Stati qui l’aurait indirectement mis dans ce beau pétrin.

Le 24/12/2019 à 20h48

La Chambre criminelle chargée des crimes financiers près la Cour d’appel de Rabat devra statuer, le 20 janvier prochain, sur une affaire insolite où s’entremêlent le spectacle d’un chanteur populaire et les méandres de la gestion communale. Le président de la commune d’«Al Haouafate», dans la province de Sidi Kacem, ainsi que le directeur des services de cette même collectivité, sont poursuivis pour fraude et dilapidation des deniers publics. Le scandale a éclaté quand le conseil communal a convoqué une session extraordinaire pour discuter du financement du festival de cette localité à laquelle avait été alloué un budget de 100.000 dirhams. Rien d’anormal, jusqu’ici, sauf que les chanteurs Mahmoud Idrissi et Rachida Talal, qui devaient animer une soirée, ont été écartés et remplacés par le chanteur populaire Abdelaziz Stati. 

C’est le cachet perçu par ce dernier qui a mis la puce à l’oreille de sept conseillers, dont l’ex-secrétaire général de la commune. En examinant le PV de la session extraordinaire, ces élus ont découvert que le chanteur avait perçu 70% de la totalité du budget alloué au festival (soit 70.000 dirhams) et que ce budget s’élevait, en réalité, à 250.000 dirhams. Le président avait, en effet, accordé des subventions supplémentaires à plusieurs associations, malgré le veto décrété par le percepteur de Machraâ Belksiri.

Le quotidien Assabah rapporte, dans son édition du mercredi 25 décembre, que les Conseillers ont, de même, fini par remarquer que le président de la commune avait gardé la dernière page du PV, où figurent les signatures des membres, tout en modifiant la teneur des pages précédentes. Munis des documents falsifiés, ils ont donc porté plainte contre le président de la commune d’«AL Haouafate» et le directeur des services.

Entendu par les gendarmes, l’ex-secrétaire général de la commune, qui figure parmi les plaignants, a fait une révélation stupéfiante: «Je suis illettré. Je ne ne sais ni lire, ni écrire. Je ne fais que cosigner avec le président de la commune les PV de sessions dont j’ignore le contenu». Et d’accuser le président d’avoir gardé la dernière page du PV, où figurent les signataires, et d’avoir trafiqué les autres pages du rapport de la session extraordinaire réservée au financement au festival.

Le président de l’association «Dar Talib» a, pour sa part, déclaré aux gendarmes que le président de la commune l’avait chargé de superviser le festival et de verser à l’agent de Stati une avance en espèces de 30.000 dirhams. Le chanteur aurait perçu la somme de 40.000 dirhams avant de monter sur scène, mais le responsable de «Dar Talib» dit ignorer par qui et comment ce reliquat avait été versé.

Le président de la commune a rejeté toutes ces accusations, affirmant qu’il avait déboursé de sa poche les cachets de la soirée suite au refus du percepteur de débloquer cet argent. Quant à l’annulation des concerts de Mahmoud Idrissi et de Rachida Talal, le président affirme avoir préféré opter pour Stati, plus populaire et à même de contribuer à la réussite du festival.

Par Hassan Benadad
Le 24/12/2019 à 20h48