Vidéo. Algérie: l’homme d'affaires et député Baha Eddine Tliba charge les fils du général Gaïd Salah

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L’homme d’affaires et député algérien en fuite, Baha Eddine Tliba, porte de graves accusations contre les fils du général Gaïd Salah. Trafic d’influence, privilèges indus, intimidation et menace… Les proches du général ne reculent devant rien face à leurs rivaux. Les détails.

Le 07/10/2019 à 20h44

C’était lors du JT de la soirée, sur la chaîne Al Hurra, du jeudi 3 octobre dernier. Autour du plateau étaient réunis le général à la retraite Mokhtar Mediouni et Said Bensdira, ex-journaliste réfugié en Grande-Bretagne et réputé proche du clan du général Toufiq. Il est, en même temps, le porte-parole de Baha Eddine Tliba. Les deux invités intervenaient au sujet d'une plainte, déposée par ce désormais ex-député de l'Assemblée Nationale Populaire qu'est Baha Eddine Tliba, à l'encontre des quatre fils du général Ahmed Gaïd Salah pour «trafic d'influence et privilèges indus acquis par l'intimidation et la menace».

Said Bensdira, qui s'exprimait depuis Londres, a indiqué que Baha Eddine Tliba se disait disposé à comparaître devant la justice, à condition que celle-ci fasse preuve d'indépendance, en acceptant d'examiner ses trois plaintes pour "corruption", formulées à l’égard des fils de Gaïd Salah, sachant que ces derniers ont été les associés de ce député et prospère homme d'affaires, qui connaît pertinemment les rouages de la famille du généralissime.

S'exprimant toujours au nom de Baha Eddine Tliba, Said Bensdira a également déclaré que le pouvoir militaire et les généraux en Algérie étaient bien plus corrompus que certains hommes d'affaires et des politiciens, dont le président déchu Abdelaziz Bouteflika, et son frère Saïd. «Derrière chaque homme d'affaires corrompu dans ce pays, se trouve un général, ou plus, qui le soutiennent», a accusé l’intervenant en duplex, qui a aussi précisé que la réaction du peuple algérien sera tout aussi forte et violente, que pacifique, eu égard a la gravité des accusations portées par Baha Eddine Tliba à l'encontre des proches du général Gaïd Salah.

Sur la défensive, Mokhtar Mediouni a qualifié ces accusations de "nulles et non avenues", d'autant que, d’après lui, le Baha Eddine Tliba en question, qui est impliqué dans des affaires de corruption en Algérie, a disparu suite à la décision de l'ANP de lever son immunité afin d'être entendu par la justice. Le général à la retraite a aussi indiqué que cette affaire ne pouvait aucunement nuire à l'image de l'institution militaire algérienne, notant que bien que des généraux soient actuellement en détention préventive, «on n'a jamais entendu parler du fils d'un général algérien poursuivi devant la justice».

Tout en éloges à l'égard de Gaïd Salah, Mokhtar Mediouni a souligné que c'était là une première, dans l'histoire de toutes les nations du monde, qu'un général à la tête des forces armées, qui avait la possibilité de prendre facilement les rênes du pouvoir, a choisi de faire prévaloir la démocratie et le respect des dispositions constitutionnelles, en appelant démocratiquement à l'élection d'un président de la République.

Saïd Bensedira, dans un enregistrement video, mis en ligne sur sa page Facebook (voir la vidéo), est quant à lui revenu à la charge pour déclarer que suite à ces révélations en rapport avec l'affaire Baha Eddine Tliba, il a été contacté par des officiers à la retraite, et par certains autres officiers, toujours en activité, ainsi que par des ministres, des journalistes, et des personnalités, qui lui ont signifié que cette affaire de l'implication des enfants de Ahmed Gaïd Salah dans des affaires de corruption, a provoqué un certain climat de "panique" dans le pays. Said Bensedira a également ajouté qu'il avait même été menacé de mort, et certains lui ont également signifié qu'ils pouvaient acheter son silence.

Réponse à cela de l’ancien journaliste Saïd Bensedira? Il a exigé de ces interlocuteurs la libération, avant le 8 octobre, de ce qu'il appelle les «otages», en l'occurrence le Moudjahid et membre fondateur du FFS (Front des forces socialistes), Lakhdar Bouregraâ, ainsi que des généraux à la retraite, Ali Guediri et Hocine Benhedid, du porte-parole de l'Union démocratique et sociale, Karim Tabbou, du journaliste Fodil Boumala et de l'activiste Samir Benlarbi, ainsi que de tous les détenus d'opinion arrêtés dans le sillage des manifestations en Algérie.

Faute de quoi, a averti dans cette vidéo l’ex-journaliste en exil, il ferait des révélations explosives, sachant qu'il est en possession de documents compromettants, qui lui ont été remis, d’après ses dires, par le député Baha Eddine Tliba lui-même. 

Par Rahim Sefrioui
Le 07/10/2019 à 20h44