Scandale sud-coréen: l'héritier présomptif de Samsung officiellement "suspect"

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L'héritier présomptif de Samsung, Lee Jae-Yong, est officiellement considéré comme un "suspect" dans le scandale retentissant de corruption qui a entraîné la destitution de la présidente sud-coréenne.

Le 11/01/2017 à 09h38

Lee Jae-Yong est officiellement considéré comme étant un "suspect" dans le scandale de corruption qui a entraîné la destitution de la présidente sud-coréenne.

"Nous avons décidé d'interroger M. Lee demain (...) en qualité de suspect", a déclaré aux journalistes Lee Kyu-Chul, porte-parole de l'équipe d'enquêteurs indépendants qui travaille sur l'affaire, précisant que celle-ci "se réservait la possibilité" de l'arrêter d'aprés un rapport des enquêteurs

Cette affaire de corruption, qui a provoqué une crise politique majeure en Corée du Sud, porte fondamentalement sur l'influence dont a joui une amie de quarante ans de la présidente Park Geun-Hye.

Choi Soon-Sil est actuellement jugée pour avoir profité de ses relations avec Park Geun-Hye pour soutirer des sommes astronomiques aux grands conglomérats sud-coréens, qui ont versé des millions de dollars à des fondations privées créées par cette confidente de l'ombre.

Dans une des ramifications de cette affaire à tiroirs, Samsung est soupçonné d'avoir soudoyé Choi Soon-Sil pour obtenir le feu vert du gouvernement à une fusion controversée en 2015. Cette opération avait été perçue comme une étape cruciale pour assurer une passation de pouvoir sans histoire au sommet du groupe, au profit de Lee Jae-Yong.Cheil Industries, la holding de fait du groupe, avait racheté C&T, filiale de Samsung présente dans le commerce et la construction.

Mais des actionnaires de C&T s'étaient opposés à cette fusion avec force, sous la houlette du fonds spéculatif américain Elliott, pour lequel l'opération sous-estimait la valeur de la compagnie, lésant ses actionnaires.

Par ailleurs, Samsung est soupçonné d'avoir versé des millions d'euros pour payer la formation équestre en Europe de la fille de Choi Soon-Sil.

Depuis plusieurs semaines, les enquêteurs ont interrogé les dirigeants de Samsung à plusieurs reprises, et effectué des perquisitions dans les locaux du groupe. Les médias sud-coréens avaient annoncé que les enquêteurs comptaient entendre Lee Jae-Yong, ce mois-ci, pour savoir s'il a ou non donné pour instruction aux dirigeants de Samsung Electronics, dont il est le vice-président, d'effectuer des versements aux fondations de Choi Soon-Sil, pour s'assurer du soutien gouvernemental à la fusion controversée.

Lee Jae-Yong a récemment affirmé à une commission d'enquête parlementaire qu'il n'avait été au courant d'aucun transfert. Mais son malaise et ses réponses toutes faites lors de cette audition publique avaient suscité l'agacement des élus et les railleries du public.

Premier conglomérat du pays, Samsung est celui qui s'est montré le plus généreux en donnant 20 milliards de wons (17 millions de dollars) aux fondations de Choi Soon-Sil, suivi par Hyundai, SK, LG et Lotte.

Le Parlement a voté début décembre la destitution de Park Geun-Hye, soupçonnée de collusion avec Choi Soon- Sil. La Cour constitutionnelle doit encore entériner ou non ce spectaculaire limogeage.

Le 11/01/2017 à 09h38