Les Marocains investissent dans le Bitcoin

Dr

Revue de presseKiosque360. Faire du trading dans le dollar et l’euro est à la limite du «has been», face à cette nouvelle tendance de la monnaie virtuelle. À la recherche de coups financiers, traders et autres investisseurs marocains se tournent vers le Bitcoin, cette cryptomonnaie qui explose tous les records.

Le 12/11/2017 à 21h28

200.000 dollars par jour. C’est le montant estimé des transactions réalisées au Maroc sur le marché financier des monnaies virtuelles, dont la star est le Bitcoin. Dans son édition du 10 novembre, Telquel, qui décrypte cette nouvelle tendance, note que la fièvre du Bitcoin, cette monnaie virtuelle créée en 2009 sur la base d’un algorithme informatique, s’empare du Maroc. Alors qu’un Bitcoin valait 0.01 dollar, il s’échange désormais à plus de 6.000 dollars. Telquel explique, chiffres à l’appui, que le Bitcoin réalise des performances qui donnent le tournis aux investisseurs, traders et autres hommes d’affaires. Depuis le début de l’année 2017, son cours a d'ailleurs augmenté de 570%, pour un volume de marché dépassant les 107,6 milliards de dollars.

Cela dit, le magazine soulignent qu’il est difficile de préciser les montants échangés par les Marocains, le nombre d'utilisateurs et encore moins leur identité, le principe de l’anonymat étant respecté. C’est d'ailleurs ce principe qui rassure et encourage les investisseurs marocains, malgré les restrictions de change. A ce propos, d'ailleurs, Telquel se demande comment ils ont pu acheter des bitcoins dont la valeur de l'unité dépasse le montant de la dotation touristique autorisée. La réponse viendra de Bank Al-Maghrib qui explique que "les monnaies numériques peuvent être acquises directement (sur Internet, par transaction bilatérale avec un autre investisseur, achat auprès d’une société de vente de monnaie virtuelle, achat d’options sur Internet, etc.) ou indirectement, notamment via un échangeur virtuel ou en les empruntant".

Mais, dans la pratique, les investisseurs marocains achètent le Bitcoin ou toute autre monnaie virtuelle comme ils achèteraient, à l'étranger, n’importe quel produit via un compte Paypal alimenté en devises.

Les monnaies virtuelles ne sont pas illégales, la question n’étant pas encore tranchée au Maroc. Dans ses propos à Telquel, Bank Al-Maghrib met néanmoins l'accent sur les risques liés à de tels investissements. La banque centrale marocaine évoque notamment le risque de liquidité, le risque financier lié à la volatilité du cours de change, le risque opérationnel lié à l’absence de sécurité en cas de fraude et le danger de voir se créer une monnaie virtuelle pour répondre aux besoins de personnes poursuivant des finalités illicites. «L’utilisation des monnaies virtuelles permet de démultiplier la portée de vecteurs classiques de blanchiment et de fraude», explique Bank Al-Maghrib.

Par Fayza Senhaji
Le 12/11/2017 à 21h28