Le business model des tour-opérateurs menacé par le Web

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Revue de presseKiosque360. Les forfaits vendus par les tour-opérateurs (T.0) via les agences réceptives sur le marché local ne sont plus plébiscités. La clientèle préfère désormais les nouveaux modes d’hébergement, en particulier les sites de réservation en ligne.

Le 13/06/2016 à 23h41

La révolution dans le monde des agences de voyage est bien en marche. Dans son édition du mardi 14 juin, L’Economiste constate qu'une «majorité d’opérateurs marocains dans l’hôtellerie n’a pas vu venir, ni pu anticiper, le changement radical du modèle économique dans leur secteur». La plupart d'entre eux assistent ainsi, impuissants, à «la transformation radicale des habitudes du touriste». Les forfaits des T.O vendus via les agences réceptives semblent désormais relever d’un autre temps. L’Economiste évoque des baisses inquiétantes. «Au départ de la France, premier marché émetteur du tourisme vers le Maroc, les tour-opérateurs ne pèsent plus qu’entre 25 et 30% contre plus de 80% au début des années 2000».

Aujourd’hui, les touristes se dirigent plutôt vers les sites de réservation en ligne. Dans ce domaine, Booking fait figure de leader incontesté. D’origine néerlandaise, la plateforme dispose d’un portefeuille de 850.000 établissements, dont 4.000 sur le marché marocain. «De ce volume, les hôtels ne représentent que 15%, le reste étant des appartements, des chambres d’hôtes, des riads et des villas», note le journal. Le site est devenu incontournable. A tel point que les hôteliers subissent le coût de leur stratégie passée.

D’ailleurs, L’Economiste constate que «l’industrie hôtellerie marocaine est montée tardivement dans le train du Web, un canal sans lequel il est difficile d’avoir de la visibilité». Dans ce contexte, «Booking.com règne en maître et permet aux hôteliers d’avoir une fenêtre sur le monde». Disponible en 42 langues, le site offre 873.500 solutions d’hébergement dans plus de 87.400 destinations.

Le site n’est pas gratuit, pour autant. «Au Maroc, la commission standard est de 17% et de 20% pour la commission dite réformée», révèle le journal qui, la comparant à celle prélevée par les T.O aux hôteliers (plus de 25%), estime qu’elle n’est pas excessive. D’autant qu’elle est «restée stable depuis des années», souligne d'ailleurs le management de Booking.com. D’un autre côté, «les hôtels, appartements et autres maisons d’hôtes référencés chez Booking.com ne paient la commission qu’une fois que le séjour a été effectué et réglé par le client».

Par Rachid Al Arbi
Le 13/06/2016 à 23h41